mardi 20 novembre 2018

Poème pour Nico


Il est bien peu
d’adolescences
qui méritent
la nostalgie
que nous en avons.

Ce que je sens que j’ai perdu
est pourtant toujours en moi.
Je songe à elle.

Mais qu’ai-je à faire
désormais de ses chants ?

La vénusté de Nico agit sur moi de deux façons :
je sombre où elle m’exonde.



La phrase du soir.


Ce qu'on ne peut pas dire, il ne faut surtout pas le taire, mais l'écrire.


Jacques Derrida





Extrait d'Impromptus crépusculaires - manuscrit achevé

J
e marche dans Manhattan quasi désert au beau milieu de la nuit. Je songe que même jeune, engagé dans la guerre, défenseur de valeurs libertaires, affilié à la CNT, portant sur le front, avec la colonne Durruti, mes désirs de révolution, rêvant d’un monde meilleur, plus équitable, plus juste envers les travailleurs, qui abolirait la pauvreté et la misère, l’exploitation de l’homme par l’homme, je ne me suis jamais senti extrémiste ou fanatique, comme l’était ma femme, Maria. Pourquoi ? Parce que j’avais déjà conscience de la supériorité sur tout, de la mort. J’en avais d’autant plus conscience après que je l’eusse donnée de mes propres mains.
Je ne suis pas devenu cynique ni nihiliste pour autant, mais disons le mot, sceptique, et en fin de compte, désinvolte.



Blanchot, au volant...


J’avais soutenu tant de luttes, j’avais été si loin, et si loin, où était-ce ?



Let me think about.



Je n’ai trouvé l’espérance sur aucune hauteur ; je la crois pourtant verticale. 






Photo de Cédric Merland

dimanche 18 novembre 2018

Siri Hustvedt, en passant...


Les métamorphoses de la personnalité sont liées à l’endroit où l’on se trouve, et l’identité est dépendante d’autrui.



Pierre Jean Jouve, ce dimanche soir...


La révolution comme l'acte religieux a besoin d'amour. La poésie est un véhicule intérieur de l'amour. Nous devons donc, poètes, produire cette "sueur de sang" qu'est l'élévation à des substances si profondes, ou si élevées, qui dérivent de la pauvre, de la belle puissance érotique humaine.

Préface à "Sueur de sang".

Merci à my buddy, Christophe Bregaint.