vendredi 16 mai 2014

Yang Lian

Le Livre de l’Exil



Tu n’es pas ici 
ces marques de bic
à peine écrites sont balayées par vent fort
le vide comme un oiseau mort s’élève vers ton visage
lune de funéraille à main brisée
refeuilletant tes jours
jusqu’à la page de l’absence
en écrivant tu
savoures cet anéantissement

comme la trace sonore d’un autre
os écrasés distraitement crachés dans un coin
frappement sonore creux de l’eau sur l’eau
pénètre distraitement le souffle
pénètre un fruit lointain cesse de voir autrui
ces crânes éparpillés sont toi-même
vieillissant en une nuit entre lignes et mots
ta poésie invisible traverse le monde

Extrait de Yang Lian : Wu ren cheng (1990-98).

Traduit du chinois par Jean-René Lassalle, avec l’aide de l’analyse de Cosima Bruno 

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