lundi 8 septembre 2014

Clément Rosset...

Il n'y a probablement de pensée solide - comme d'ailleurs d'oeuvres solides quel qu'en soit le genre - que dans la le registre de l'impitoyable et du désespoir (désespoir par quoi je n'entends pas une disposition d'esprit portée à la mélancolie, tant s'en faut, mais une disposition réfractaire absolument à tout ce qui ressemble à de l'espoir ou de l'attente). Tout ce qui vise à atténuer les aspérités du réel, a pour conséquence immanquable de discréditer la plus géniale des entreprises comme la plus aimable des causes, - témoin par exemple, le cinéma de Charlie Chaplin. Je trouve à cet égard beaucoup de justesse à une remarque d'Ernesto Sabato, dans son roman"Abaddon el exterminador" : " Je désire être sec et ne rien enjoliver. Une théorie doit être impitoyable et se retourne contre son créateur si celui-ci ne se traite pas lui-même avec cruauté".

Clément Rosset - Le principe de cruauté - Les éditions de Minuit

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