jeudi 11 septembre 2014

Fenêtre ouverte sur Jacques Jean Sicard




" Dans le phalanstère ou l'abbaye de Thélème on travaille à un autre monde
La Domus Aurea de Néron propose d'attendre que ça passe
C'est-à-dire que tout ce bel effort vire ruine
Quitte à y aider un peu
Maurice Pialat quant à lui dans La Maiso...n des bois
Brosse une France en "nature morte au goûter à la confiture"
Jusqu'à ce qu'il n'y ait rythme que du quatuor à cordes de Haydn
Chacune de ces maisons a ses fenêtres et le regard qui leur est attaché
Peut-être qu'on ne les évoque que pour écrire
Car écrire, ce n'est pas habiter
"
 
*
 
" La relation (de quelque façon qu'on la conçoive) entre le symbolique (la pensée) et le réel (qui n'est pas la réalité) est une convention qui empêche de descendre plus tôt que prévu de ce train de nuit appelé la vie. Descendre ne signifie pas mourir, mais s'échapper, disparaître. Indépendamment de la condition qu'il représente à son égard, la pensée n'a rien à voir avec le réel et son être lige la vie. La pensée est célibataire "
 
*
 
"
Il y a un déterminisme dans la langue. Il y en a même plusieurs et différents selon les sociétés. Mais plutôt que de voir à la façon publicitaire de Barthes dans tout langage un aspect fasciste par l'obligation à dire à laquelle il nous soumettrait ; écouter Jean Oury qui, empruntant à Lacan, évoque la "phrase de la vie", celle qui accompagne différemment chacun tout au long de son existence, qui ...en recèle le sésame indéchiffrable, n'en livrant que bribes au scribe que parfois il devient, puis se tait à l'instant de, faute d'âme, rendre les armes. C'est cette phrase de la vie, ce musement continu comme il est dit et la possibilité parfois de la changer en écriture, qui laisse entrevoir sous le déterminisme culturel ou existentiel - une imprédictibilité "
 
*
 
 
"A  Pierre Bourdieu

Une société qualifiée étourdiment de démocratique à l'aspect d'une vaste nappe de soie blanche. Voyez la main qui à intervalle régulier lisse les trompeuses imperfections de son apprêt. Le mouvement domestique suggère par... sa routine même qu'il n'est ici contradiction qui ne se résolve autour d'une table ronde de négociations. Ronde table qui tourne dans le sens des aiguilles d'une montre. Celles qui règlent comme depuis l'aube des temps le service de l'employé, la manœuvre de l'ouvrier, la mobilité militante du cadre, le pas du soldat, l'économe de la ménagère, l'ânonnement de l'élève, l'ahan des bêtes.

L'incongruité du philosophe repose sur le geste violent de froisser la nappe. Générant un raz de marée de plis. Ces plis présentent les contradictions jusque là impensées et innommées. L'impensé appelle une pensée exigeante dont le concept sera le fond ; l'innommé, puisqu' il n'est concept sans néologisme, répondra pour sa forme à un nom nouveau. L'un et l'autre, concept et néologisme, ont pour vocation d'exaspérer le jeu des contradictions. Non de les aplanir. Pour eux, rien ne va de soi ; c'est une guerre de tous les instants. Si bien que le plus fin repassage à la vapeur de la conformité politique n'effacera jamais du pli la plissure. Le trait de désunion de la plissure. C'est à désespérer. C'est inespéré. "
 
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" Le paradoxe du regard à sa fenêtre :
Dans le même temps qu'il déconstruit l'extrait du paysage
Dressé à la verticale avec l'arrogance d'une tête de roi
Au-dessus des tunnels creusés par ses sujets-rats
Il voit d'abord en chacun des élément...s désassemblés
Un rocher de boucanerie
Une chapelle sécularisée par les pipistrelles
Une poignée de gravier du Ryoanji, etc.
Puis l'illusion dissipée, il voit dans chaque détails chus
Épars et comme pris dans un mouvement d'expansion
La réplique exacte du paysage observé
Quelle que soit l'échelle, c'est le même
Le même
"
 
Tous droits réservés Jacques Jean Sicard

 

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