lundi 15 septembre 2014

Frustration et ressentiment...

Un esclave supporte mieux sa condition et sert mieux son maître si celui-ci le gratifie parfois de remerciements et de récompenses. Mais Freud souligne que pareil besoin de reconnaissance revendiqué en permanence par les ego ne disparait pas alors même qu'il est exaucé, car le plaisir éprouvé conserve l'amère saveur du manque. Nul humain, du plus privilégié au plus mal loti ne se sent jamais assez reconnu, c'est-à-dire désiré. De sa naissance à sa mort, il vit dans la frustration et le ressentiment. Tant que les us et coutumes de la culture pèsent sur ses affects, il se cadre dans la norme névrotique, se contente des menues réjouissances permises tout en condamnant et enviant celles auxquelles s'adonnent ses semblables qu'il imagine plus intenses.

Frédéric Schiffter - Philosophie sentimentale


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