mardi 9 septembre 2014

L'irresponsabilité méditative...


 
Photo Frédéric Schiffter et Roland Jaccard  

En principe, je devrais mettre cet été à profit pour avancer dans l’écriture d’un livre promis à mon éditrice pour le courant de l’automne. Si je devais décrire l’état actuel de mon encéphale, je le comparerais à une grosse méduse échouée s...ur un rivage. Je ne préfère pas songer à ma promesse. Pour m’alléger de la vague culpabilité de m’adonner à cette flemme, je me remets en mémoire cette remarque de Cioran tirée du Crépuscule des pensées: «Ce qui distingue les philosophes antiques des modernes […], vient de ce que ceux-ci ont philosophé à leur table de travail, au bureau, mais ceux-là dans des jardins, des marchés ou le long de je ne sais quel bord de mer. Et les antiques, plus paresseux, restaient longtemps allongés, car ils savaient que l'inspiration vient à l'horizontale: ils attendaient ainsi les pensées, que les modernes forcent et provoquent par la lecture, donnant l'impression de n'avoir jamais connu le plaisir de l'irresponsabilité méditative, mais d'avoir organisé leurs idées avec une application d'entrepreneurs.» L’IRRESPONSABILITÉ MÉDITATIVE, quelle meilleure formule pour décrire ma méthode de travail? Mes rares idées viennent entre deux assoupissements. Ce sont des songes en attente de café.

Frédéric Schiffter


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