samedi 18 octobre 2014

Poème à Lou...

Lou Reed

Je me lève et coupe le son de la chaîne.
Je préfère écouter la pluie,
plutôt que les propos
de Caroline, Candy,
Lisa ou Stéphanie.
Je regarde la pochette d’un de tes disques,
comme une vieille photo de lycée.

Berlin.

Les cuites légendaires,
le visage de Marie.
Le claquement de métal de son Zippo,
le sang de ses lèvres,
la volupté poudreuse.
L’ange,
cet homme résigné,
infiltré dans les brumes de l’alcool,
est mon gardien paresseux.
Il me protège
de la joie consommée
par l’ancienne misère
d’un noir delta,
quand Vénus me saignait
aux quatre veines.

Il est trop tard,
en ces temps de malheur,
pour briser d’autres miroirs.



Fabien Sanchez - J'ai glissé sur le monde avec effort - Éditions La Dragonne - 2012

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