lundi 6 octobre 2014

Un poème de Jean-Jacques Marimbert...


La nuit les portes claquent, entre rêve et réalité, sous les coups de boutoir d'une horde invisible. Le souffle des désirs, brise ou tempête, fait virevolter meubles et livres, jusqu'aux draps et à mon corps, dans l'air confiné de la chambre. Happé par la porte tambour de l'imagination, j'entre dans un hôtel aux couloirs interminables. Aux murs, scènes de bataille, marines et portraits se succèdent. Sous les regards sévères ou doux, hautains ou aimants, j'avance, aussi démuni... qu'Er de Pamphylie. Chaque porte cache une énigme. J'entends des bruits ambigus, râles d'amour ou de mort, paroles étouffées ou chuchotées, et l'éventail des cris, des rires, rhapsodie houleuse qui le plus souvent annonce meurtre ou extase, orgasme ou dernier souffle. Alors j'accroche une voile au soleil, des yeux clairs, un paysage bleuté, et m'y réfugie pour enfin glisser dans le sommeil.


JJ Marimbert - Tous droits réservés - 2014

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