dimanche 2 novembre 2014

Le sourire des évadés


SORTIE 22 OCTOBRE de mon roman "Le sourire des évadés "
extrait...

"Nous nous sommes rendus au Rockstore, une boîte de nuit en ville, pour fêter ça, comme disait Stella. Sabler notre amère séparation. J’ai éclusé les verres, dansé à en avoir des palpitations, complétement inondé de sueur, trempé à en essorer ma chemise. Stella se trémoussait devant moi dans son jean taille basse laissant merveilleusement apparaitre un petit bout de culotte de soie blanche, et son tatouage dans le bas du dos, et ses petits seins fermes prisonniers de son chemisier qui s’arrêtait au nombril, Quelle vamp’ ! Le tout sous les stroboscopes, les jeux de boule lumineuse au plafond, Smell like ten spririts, Tainted love, Foxy Lady et en prime, totalement ivre et en état de lévitation, les larmes que je versai sur Gimme shelter.
Le lendemain, je n’étais plus bon à rien. J’avais vomi dans le jardin, laissant Stella un peu accablée, rentrer seule chez elle, quand elle voulait que l’on débouchât une bouteille de champagne qu’avait laissée Judith dans le frigo pour la boire au point du jour.
- Tu crois qu’Hemingway à mon âge se remettait si péniblement d’une cuite ? Avançai-je quand elle vint prendre de mes nouvelles, comme je me tenais dans mon hamac, un chiffon imbibé de glaçons sur le crâne, trois Efferalgan et un Alka seltzer fondant dans un verre.
- Pas sûr. Je crois que t’as raison. Au fond, t’es une petite chose fragile.
- Déçue ?
- Un peu admit-elle…Tu ne peux pas avoir toutes les qualités.
- Tu as raison dis-je, faut savoir se limiter.
Stella, sa vivacité d’esprit, sa douceur, sa propension à l’auto dénigrement, son petit cul, ses seins parfaitement ronds et dessinés, ses envies de mourir, sa peur de rester prisonnière de cette cité pavillonnaire, qu’elle appelait son pavillon noir - Stella était une flèche dans mon talon. Un défaut dans ma cuirasse.
Et, tout bien pesé, le noyau dur de ma faiblesse.
Allait-elle vraiment jouer un rôle d’importance dans ma vie ? Se fader un tel boulet, supporter mon angustia symptomatique qui rendait mon commerce si épineux ?

© Fabien Sanchez - Le sourire des évadés - Éditions La Dragonne
Copyright photo N. Petroff

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