vendredi 11 décembre 2015

Peut-être que la grande patience commence là, en étant patient face à son impatience. Dans le Soutra du diamant, le bouddha Shakyamuni nous donne un outil lorsqu'il nous dit que dans la grande patience il n'y a personne qui patiente.Autrement dit, la patience, ce n'est pas un effort, une crispation, mais un laisser-être, un abandon précisément.

Alexandre Jollien - Petit traité de l'abandon

vendredi 20 novembre 2015

Lenorman


LES CHANSONS DE LENORMAN...Comme un shoot, font que je m'allonge et pleure sur le pont des souvenirs. Dehors, il pleut sur Paris et la liste des choses que je ne suis plus capable de faire est si longue que je m'accroche à cette voix, comme aux souvenirs de mes parents, quand ils étaient 
 jeunes, et qu'ils me protégeaient...


jeudi 22 octobre 2015

Une phrase de Jollien

L'ascèse peut se résumer en un paradoxe apaisant : prendre soin de soi tout en faisant peu de cas de sa personne.

Alexandre Jollien - Vivre sans pourquoi

mardi 29 septembre 2015

Soon

"Ce sera une nuit ou résonnera le chant du grillon. Alors mon nom s’effacera de la terre. Il sera un enfant nu dans le cœur des vivants. Je jouerai avec les nuages sentimentaux. Les couleurs qui vêtent la rivière, pour l’instant, se reflètent sur ma peau. Le soleil me caresse sans rien blesser. J’en ai fini avec l’injustice au visage triste. J’ai trouvé l’inoubliée sur les hauteurs d’un songe. "

Patience, ceci est extrait de "Vénus pleure dans un taxi", et cela sort au printemps aux éditions Les carnets du dessert de lune.
Fabien Sanchez copyright 2015

Vaincu

Viens d'apporter la touche finale à un nouveau manuscrit, sorte de journal de bord métaphysique et existentiel intitulé "Journal d'un homme vaincu". Pour quel éditeur ? On verra bien.

Voici la première phrase :

"Regarder ma femme marcher sur la plage ou sortir de la mer, tout en lisant "De l'inconvénient d'être né" est un des plaisirs rares (trop rares hélas), qui fera que je ne pourrai jamais totalement condamner mon passage sur ce caillou, tant il est vrai que ce moment surpasse en intensité voluptueuse les longues journées d'hiver, de bureau, d'ennui corrosif et de tracasseries métaphysiques. Je le confesse, regarder ma femme fumer une cigarette allongée sur sa serviette de bain, sentir la caresse du soleil sur ma peau, et lire un nihiliste, me rapproche de Dieu."

Sanchez Fabien copyright 2015


Les dingues et les paumés

Aujourd'hui, dans la salle d'attente de mon centre medico-psychiatrique, je me sentais bien avec les fêlés, les dingos, les psychotiques, les grands névrosés ; j'ai pris plaisir à discuter avec une fille dépressive et alcoolique à laquelle on avait retiré la garde de l'enfant placé en famille d'accueil. J'ai, dans mes moments de grande fragilité, la vive impression qu'ils sont ma famille, mes frères et sœurs en détresse. J'ajoute que j'ai très envie d'être hospitalisé en ce moment, qu'on s’occupe de moi. Mon ami Chéri Bibi m'a suggéré de me proposer dans ces lieux comme intervenant en ma qualité d'écrivain pour animer des d'ateliers d'écritures dans des cmp, des maisons de repos, des cliniques de sevrage, des asiles...Je pense qu'il a raison. "Les dingues et les paumés" comme les chantaient Thiefaine....La voilà ma vraie famille.


Dialogue woody allenesque

- You're a cynical crapehanger who always see the cup half-empty !
- No you're wrong, I see the cup half full, but of poison.

Scarlett Johansson et Woody Allen dans "Scoop" (2006)


dimanche 27 septembre 2015

Le nouveau disque de Low, "Ones and sixes", est sorti est c'est du très bon...Son chanteur Alan Sparhawk a déclaré dans Les Inrocks : " Sur de nombreux plans, on empire en vieillissant. Les choses se gravent en toi, tu réalises avec l'âge que tu ne changeras pas, le portrait ne fait que se préciser".
Le disque est puissant, hypnotique et déprimé...


Un nouvel éditeur pour votre serviteur

Encore un nouveau magnifique livre publié aux éditions Al Manar, chez qui je fais paraître un livre en juin 2016...Un éditeur talentueux que ce cher Alain Gorius, à suivre de très très près...


"Ce devant quoi l'angoisse s'angoisse est l'être-au-monde même"
                                                                                     Heidegger


"L'angoisse est une détermination de l'esprit rêveur"
                                                              Kierkegaard


Trop vieux pour la police

Envie de vendre des fruits et légumes... ne pouvant plus entrer dans la police, car ayant dépassé, à mon grand désarroi, l'âge du recrutement.

L'Aid, une bien triste fête, glauque et barbare faite par des dégénérés arrièrés et qui n'a rien à envier à nos abattoirs


vendredi 25 septembre 2015

Xerostomie

Xerostomie : maladie de la bouche sèche et collante.

Solveig


Débute une nouvelle appelée "Solveig" qui retrace sur un mode auto fictif ma rencontre en 1997 avec la comédienne, Solveig Dommartin, ex femme de Wenders, la trapéziste amoureuse d'un ange incarné et joué par Bruno Ganz dans le mythique "Der Himmel über Berlin " (Les ailes du désir), 1987. Ma nouvelle sera un modèle de noirceur, triste à pleurer, tant il est vrai que je reste et demeure un homme désemparé et un auteur désenchanté. Peut-être pourrais-je la joindre au recueil de nouvelles qui sortira aux éditions Al Manar au printemps sous le titre provisoire de "Spleen ville".



Monsieur Woody Alen au sujet du sexe


Sex without love is an empty experience. But among empty experience is one of the best.

Woody Allen

Les élections vues par Michel Onfray (comment lui donner tord ?)


mardi 22 septembre 2015

"J'ai été formé par ce grand maitre de l'homme, le malheur"
 
Julie de Lespinasse (Lettre du 25 juillet 1773)


lundi 14 septembre 2015

Blaise Pascal, Pensées


 "Rien n’est plus capable de nous faire entrer dans la connaissance de la misère des hommes, que de considérer la cause véritable de l’agitation perpétuelle dans laquelle ils passent toute leur vie.
C’est pourquoi quand je me suis mis à considérer les diverses agitations des hommes, les périls et les peines où ils s’exposent à la Cour, à la guerre, dans la poursuite de leurs prétentions ambitieuses, d’où naissent tant de querelles, de passions, et d’entreprises périlleuses et funestes ; j’ai souvent dit que tout le malheur des hommes vient de ne savoir pas se tenir en repos dans une chambre. Un homme qui a assez de bien pour vivre, s’il savait demeurer chez soi, n’en sortirait pas pour aller sur la mer, ou au siège d’une place : et si on ne cherchait simplement qu’à vivre, on aurait peu de besoin de ces occupations si dangereuses.
Mais quand j’y ai regardé de plus près, j’ai trouvé que cet éloignement que les hommes ont du repos, et de demeurer avec eux-mêmes, vient d’une cause bien effective, c’est-à-dire du malheur naturel de notre condition faible et mortelle, et si misérable, que rien ne nous peut consoler, lorsque rien ne nous empêche d’y penser, et que nous ne voyons que nous.
Mais pour tous ceux qui n’agissent que par les mouvements qu’ils trouvent en eux et dans leur nature, il est impossible qu’ils subsistent dans ce repos et de se voir, sans être attaqués de chagrin et de tristesse. L’homme qui n’aime que soi ne hait rien tant que d’être seul avec soi. Il ne recherche rien que pour soi, et ne suit rien tant que soi ; parce que quand il se voit, il ne se voit pas tel qu’il se désire, et qu’il trouve en soi même un amas de misères inévitables, et un vide de bien réels et solides qu’il est incapable de remplir.
Aussi la principale chose qui soutient les hommes dans les grandes charges, d’ailleurs si pénibles, c’est qu’ils sont sans cesse détournés de penser à eux.
Prenez-y garde. Qu’est-ce autre chose d’être Surintendant, Chancelier, premier Président, que d’avoir un grand nombre de gens, qui viennent de tous côtés, pour ne leur laisser par une heure en la journée où ils puissent penser à eux mêmes ? Et quand ils sont dans la disgrâce, et qu’on les renvoie à leurs maisons de campagne, où ils ne manquent ni de biens ni de domestiques pour les assister en leurs besoins, ils ne laissent pas d’être misérables, parce que personne ne les empêche plus de songer à eux.
(...) Les hommes n’ayant pu guérir la mort, la misère, l’ignorance, se sont avisés, pour se rendre heureux, de n’y point penser : c’est tout ce qu’ils ont pu inventer pour se consoler de tant de maux. Mais c’est une consolation bien misérable, puis qu’elle va non pas à guérir le mal, mais à le cacher simplement pour un peu de temps, et qu’en le cachant elle fait qu’on ne pense pas à le guérir véritablement. Ainsi par un étrange renversement de la nature de l’homme, il se trouve que l’ennui qui est son mal le plus sensible est en quelque sorte son plus grand bien, parce qu’il peut contribuer plus que toute chose à lui faire chercher sa véritable guérison ; et que le divertissement qu’il regarde comme son plus grand bien est en effet son plus grand mal, parce qu’il l’éloigne plus que toute chose de chercher le remède à ses maux. Et l’un et l’autre est une preuve admirable de la misère, et de la corruption de l’homme, et en même temps de sa grandeur ; puisque l’homme ne s’ennuie de tout, et ne cherche cette multitude d’occupations que parce qu’il a l’idée du bonheur qu’il a perdu ; lequel ne trouvant pas en soi, il le cherche inutilement dans les choses extérieures, sans se pouvoir jamais contenter..."

Blaise Pascal, Pensées


"Ce matin, je pensai que seul un incendie, ou une guerre, ou une crise cardiaque, aurait pu m’extirper du vide désespérant où je me trouvais. Il y a des journées bouchées. Il y a des jours, des heures, où je mérite la sentence: ”À casser des pierres, voilà à quoi je te condamnerai”. J’ai opté pour la solution la plus commode: un tranquillisant. Jamais je ne me lasserai d’admirer la puissance des cachets. Le tétrapharmakôn d’Épicure n’est que de l’eau bénite en comparaison de ce que peut réellement pour moi Antonio, mon pharmacien.»

Iñaki Uriarte

(Merci au philosophe Frédéric Schiffter de m'avoir fait découvrir cet auteur  sur son blog (http://lephilosophesansqualits.blogspot.fr/)   à travers cette citation où l'auteur apparait "en phase maximale d’ennui". Je m'en vais dévorer ses livres)


dimanche 13 septembre 2015

Spleen ville (prochainement)

Chers amis, je vous annonce que je serai publié aux excellentes éditions Al Manar courant 2016. Il s'agira d'un recueil de nouvelles intitulée "Spleen ville". Elles y seront noires, désenchantées au suprême, avec pour fil rouge l'impossibilité névrotique de sortir de l'état d'enfance. Je m'y exprime en roturier du blues et j'espère que mes mots sauront trouver un écho parmi les inconsolables de l'enfance et les gagne petit de la vie adulte...


samedi 12 septembre 2015

Je n’envisage 
plus l’écriture 
comme une quête, 
mais 
un devoir 
de vacances.

vendredi 11 septembre 2015

Me and Paul Auster

Paul Auster m'est infiniment sympathique, d'autant que je lui trouve un talent certain...je boirai bien un café avec lui dans son quartier de Brooklyn eights...pour deviser du sens de la vie : car j'ai ce défaut de n'avoir que des conversations existentielles...Chéri Bibi en sait quelque chose.



mercredi 9 septembre 2015

mardi 1 septembre 2015




"All through my writing life I've had this impulse to write autobiographical works. This is really the fifth one I've done, and I think I've done it because I'm interested in talking about what it means to be a human being, what it means to be alive. I really have no interest in myself. I find it a very boring topic, but what I'm interested in is trying to remember things from my life that will somehow connect with things that other people have experienced."

Paul Auster

Fenêtre ouverte sur "Le sourire des évadés"



Les chroniques littéraires de Balalbolka
dimanche 24 mai 2015

Le sourire des évadés de Fabien Sanchez

Quoi qu'il tente ou fasse, l'élastique à sa culotte (celle dont se plait à user les fonds sur des bancs d'école) le ramène toujours en arrière. Un tendeur implacable, le  souvenir douloureux de 1983,  a fait de lui un "sous-Peter Pan cyclothymique", un "fugitivus errans". A la longue, ça lasse une femme, même d'humeur égale. C'est pour enfin cesser de se projeter dans le passé et peut-être sauver son mariage que William est revenu dans sa maison d'enfance. Il a l'été devant lui pour avancer sur son roman. Il veut écrire l'histoire de Frédéric, son meilleur ami, disparu en 1983, évaporé au cours d'une "évasion", une escapade d'adolescents où tous étaient pourtant partis avec le sourire.

Plusieurs figures féminines l'entourent, à commencer par Judith, sa fille, véritable rayon de soleil, indulgente vis-à-vis des dispositions abouliques de son écrivain de père mais intraitable  sur  son écriture si celle-ci prend du poids sans raison. William sait aussi qu'il peut compter sur la bienveillance d'Elisabeth, sa voisine, la mère de Frédéric. Il la connaît depuis toujours. Elle est son idole, son icône, son baume. Une nouvelle venue dans le voisinage, la jeune et jolie Stella l'intrigue  mais la demoiselle, à l'esprit pourtant vif, n'est pas vraiment ce qu'on peut appeler un modèle d'équilibre et pour tuteurer quelqu'un, mieux vaut soi-même ne pas être chancelant. 


Pour être tout à fait honnête, j'ai craint un moment que les atermoiements de ce mâle quadragénaire un brin improductif et versatile, manipulant parfois plus la bouteille que le stylo allaient finir par m'agacer (une pensée solidaire avec l'épouse qui a dû avoir bien envie de lui botter le train...) mais il n'en a rien été (reprenons notre posture de lectrice), d'abord parce que l'on n'oublie pas l'histoire qui sous-tend tout ce mal-être, ensuite parce qu'il est quand même le premier à ne pas s'épargner, à se regarder le nombril ou à se triturer le cerveau certes, mais avec une lucidité certaine et une autodérision bien ficelée, le tout servi par une belle écriture.


J'ajoute que c'est un roman à l'érudition discrète avec un vocabulaire précis, parfois rare (j'ai appris 2 ou 3 mots au passage dont un que j'ai utilisé plus haut...), quelques locutions latines, des références à des auteurs et non des moindres... (Cioran, Kafka, Sénèque, Bobin) et, choix risqué mais délicieux selon moi, l'emploi de temps oubliés comme le conditionnel passé ou le plus-que-parfait du subjonctif (quand le propos est contemporain, je ne trouve pas que cela fasse suranné).


C'est quand même le deuxième* livre que je lis depuis peu où je concède à un narrateur masculin le droit d'avoir autant de défauts, soit je me ramollis dangereusement soit leurs auteurs ont du talent !


*L'autre, c'est
Toute ressemblance avec le père de Franck Courtès. Je ne sais pas si ces deux auteurs se connaissent mais peut-être qu'ils auraient des choses à se dire...





Fenêtre ouverte sur "Le sourire des évadés"

Douceur de spleen

L’écriture de Fabien Sanchez emprunte aussi bien à la garrigue du sud de la France qu’au cinéma
hollywoodien ou aux bistrots parisiens… Se plonger dans son quatrième livre, mais premier roman,
« Le Sourire des évadés », c’est prolonger l’indolence de l’été en s’immergeant délicieusement dans un univers à la Djian. Sur un ton à la fois drôle et désenchanté qui raconte l’histoire d’un écrivain parisien quitté par sa femme, venu se réfugier dans la maison de son enfance, hantée comme lui par le fantôme de l’ami disparu. Les voisines sont belles, les rêves flottent, les cigarettes grillent et la vie questionne…
 
« Le Sourire des évadés » de Fabien Sanchez. 244 pages. 18 €.
Ed. La Dragonne.


Valérie Susset dans Galerie éditions Le Réalgar
(Merci à elle)

dimanche 23 août 2015

SHOW MUST GO ON.....

Rejoice !
 
Amies lectrices, Amis lecteurs, l'éditeur des excellentes éditions Al Manar vient de me prévenir qu'il souhaitait publier le manuscrit que je lui ai envoyé début aout, courant 2016. Il s'agira d'un recueil de nouvelles au titre encore inconnu. Patience donc, je voulais vous annoncer la bonne nouvelle. Sinon, les éditions Les carnets du dessert de lune de Jean Louis Massot ME PUBLIERONT PRINTEMPS 2016, pour un recueil de courts textes en prose. Voilà pour mon actualité. Mon éditeur attitré les éditions la Dragonne va recevoir deux manuscrits courant septembre...Olivier Brun, leur éditeur, lira et me dira....
                                                        SHOW MUST GO ON.....

mercredi 12 août 2015

Paul Auster

Formidable livre de Paul Auster (mon écrivain contemporain préféré) où il est également fait allusion à sa mère dans un portrait témoignage bouleversant auquel j'ai été particulièrement sensible. 
Auster est sur le point d'entrer dans cet « hiver de la vie »  avec la conscience  que « c'est là, dans ton corps, que commence l'histoire, et c'est aussi là, dans ton corps, que tout se terminera ».
Je recommande ce livre de ce formidable auteur qui avait écrit cette phrase qui pourrait s'appliquer à cet opus : « Le monde est dans ma tête, mon corps est dans le monde ".


vendredi 7 août 2015



Les mots de plus en plus se substituent à l’expérience. L’individu concerné n’en est toutefois pas conscient, il croit voir et ressentir, et n’expérimente que pensée et mémoire. Il s’imagine saisir la réalité, ce n’est que son moi cérébral qui la saisit, lui, l’homme tout entier, avec ses yeux, ses mains, son cœur et ses entrailles, ne saisit rien du tout. 

Erich Fromm