mardi 27 janvier 2015

Pessoa en passant


Ce qu'il faut, c'est qu'on soit naturel et calme
dans le bonheur comme dans le malheur,
c'est sentir comme on regarde,
penser comme l'on marche,
et, à l'article de la mort, se souvenir que le jour meurt,
que le couchant est beau, et belle la nuit qui demeure...


Fernando Pessoa

Poème d'Esteban


je me suis prosterné devant le soleil
j'ai touché de mon front la terre pour qu'elle me pardonne
j'ai chassé de ma chambre la poussière vieille
j'ai lavé mon corps dans l'eau des vivants
j'attends sans trembler qu'une voix s'élève
que quelqu'un m’appelle un jour par mon nom
et m'accueille où il veut au désert ou dans sa maison
et que je partage le pain des autres
je suis tombé j'ai crié j'ai eu peur
j'ai dit que la mort était préférable à ma blessure
j'ai menti par trois fois et le coq a chanté
mais la terre ne réclame pas qu'on se repente
il suffit que je marche et que je respire
et le monde est à nouveau parfait
Claude Esteban, « La Mort à distance », Paris, Gallimard, 2007.

dimanche 25 janvier 2015

samedi 24 janvier 2015

La séquence du spectateur / Permanent vacation



Permanent vacation - Jim Jarmusch - 1980 (Maldoror and the drift)

J'ai eu raison dans tous mes dédains

                                                         Rimbaud

jeudi 22 janvier 2015

"Il faut une vie entière pour conquérir l'enfance"
                                                                      Jean Sulivan, Itinéraire spirituel


mercredi 21 janvier 2015

Je te salue seigneur



Je te salue seigneur, du fond de l'inutile
À travers la tendresse de mes cauchemars d'enfant
Le calme désespoir, de mon bonheur tranquille
Et la sérénité de mon joyeux néant
Et je m'en vais ce soir, paisible et silencieux
Au bras de la première beauté vierge tombée des cieux

playboys and playgirls


Oh, ye playboys and playgirls
Ain't a-gonna run my world,
Ain't a-gonna run my world,
Ain't a-gonna run my world.
Ye playboys and playgirls
Ain't a-gonna run my world,
Not now or no other time.
You fallout shelter sellers
Can't get in my door,
Can't get in my door,
Can't get in my door.
You fallout shelter seller
Can't get in my door,
Not now or no other time.

Ce que je suis, depuis que je suis petit


Yehouda Amihaï : Quelle sorte de personne

Je suis une personne avec une âme à la tuyauterie complexe,
des outils sophistiqués pour ressentir et un système
de mémoire contrôlée de la fin du vingtième siècle,
mais avec un vieux corps des temps anciens
et avec un Dieu encore plus vieux que mon corps.
Je suis une personne pour la surface de la terre.
Les lieux bas, les caves et les fossés
me font peur. Les pics des montagnes
et les grands buildings me terrifient.
Je ne suis pas comme une fourchette insérée,
non plus un couteau tranchant, non plus une cuillère figée.
Je ne suis pas plat et furtif
comme une spatule rampant de haut en bas,
tout au plus je suis un lourd et maladroit pilon
écrasant le bien et le mal ensemble
pour un peu de goût
et un peu de parfum.
Les flèches ne me dirigent pas. Je conduis
mon commerce prudemment et calmement
comme une grande volonté qui commence à être écrite
depuis l’instant où je suis né.
Maintenant je suis debout du côté de la rue
las, accoudé à un parcmètre.
Je peux rester là pour rien, libre.
Je ne suis pas une voiture, je suis une personne,
un homme-dieu, un dieu-homme
dont les jours sont comptés.
Allélouilla

lundi 19 janvier 2015

La ruelle des morts


Avec nos bidons en fer blanc
On descendait chercher le lait
A la ferme au soleil couchant
Dans l'odeur des soirs de juillet
On avait l'âge des confitures,
Des billes et des îles au trésor
Et on allait cueillir les mûres
En bas, dans la ruelle des morts

Hubert Félix Thiéfaine


samedi 17 janvier 2015

CABU FOR EVER


..

Tears for Tignous


Je pleure Cabu, putain...


La misère des hommes


Mon dieu ce que les gens sont seuls et perdus, des crève l'amitié, au café on me demande mon numéro juste pour se revoir, je dis non non et non...tristesse de ces visages d'hommes et de femmes usés par les soucis d'argent, la solitude, la misère affective, le harcèlement au travail, la lente répétition de jours sans joie, les croyants dogmatiques, les singes savants, les poseurs de salon, les alcooliques de PMU, Mon dieu, se réfugier chez soi, avec sa femme, ses livres et se dire chanceux...



J'écris mon scénario en écoutant Hubert Félix....

 Plus question de chercher du travail, on pédalait dans les nuages, au milieu des petits lapins...



Il est beaucoup question de se branler dans mon nouveau roman en cours, ou de pleurer entre les cuisses des femmes...Je me demande pourquoi, mais c'est un fait. Le christ crucifié aussi apparaît souvent...Et l'ennui, la déréliction, les culs féminins comme d'absolus soleils...le dégoût de mon époque, et Lou Reed aussi, en passant...


jeudi 15 janvier 2015

ils ne sont que beaux corps morts avant que d’être devenus adultes


" Ils ne sont que beaux corps morts avant que d’être devenus adultes,
déposés tristement dans un magnifique mausolée
des roses sur la tête, du jasmin aux pieds,
Ainsi sont les désirs qui passèrent
sans avoir pu être satisfait,
sans avoir connu une seule nuit de plaisir, ou des matins radieux. "

Cavafy. " Désirs "

mercredi 14 janvier 2015


La répétition lassante des activités humaines


L'envie du suicide lui venait quand il se sentait fatigué de voir sa vie prise dans la répétition lassante des activités humaines, et sachant le manque d'énergie qui était le sien pour chambouler une destinée d'apparence médiocre, dans ces cas l'envie lui prenait de devenir bouddhiste, ou buveur de pastis, mais immanquablement tout finissait toujours par la chasse des femmes dans les bars, comme la promesse d'un salut, et les corps des femmes ne faisaient qu'embrouiller son esprit et l'aveu de l'impuissance à vivre devenait alors un caillou dans la chaussure, mais il fallait marcher, marcher encore, le ciel l'apaiserait une fois dans son lit.

Copyright Fabien Sanchez 2014

Le petit insecte de Porchia


« Je viens de sacrifier un petit insecte et je regarde le sang. Mon Dieu, quelle infinie mer de sang ! »

Antonio Porchia

lundi 5 janvier 2015


Puissé-je un jour enfin, ô Eternel,
Etre rempli de toi !
Ah ! ce long, ce profond tourment,
Comme il dure sur cette terre !

Goethe

18 REGLES DE VIE DU DALAI LAMA

1. Prenez en compte que le grand amour et les grandes réussites impliquent de grands risques. 

Le risque est impliqué dans chaque grande occasion de la vie. S’il n’y avait pas de risques, alors tout le monde agirait, ce qui rendrait les gens « ordinaires » et non « grands ». Démarquez-vous des autres comme celui qui peut non seulement prendre des risques, mais qui apprécie de le faire.

2. Lorsque vous échouez, n’échouez pas la leçon. 

Si vous oubliez ce que vous avez appris à ne pas faire, vous serez condamnés à répéter vos actions. Plus important encore, ne craignez pas l’échec. Car l’échec est le précurseur de la réussite. Rien de grand ne s’est accompli sans échec. Le but de la vie n’est pas que nous soyons parfaits, mais que nous devenions la meilleure version possible de nous-même. Il est plus important d’être authentique qu’infaillible, et nous gagnons à écouter notre instinct. Les seules vraies erreurs sont celles que nous commettons à répétition. Les autres sont des occasions d’apprentissage.

3. Suivez les trois R : 

Respect de soi – La confiance est la clé de la réussite et si une personne ne se respecte pas, vous ne pouvez pas croire en elle. Ainsi, si vous ne vous respectez pas, vous ne pouvez pas réaliser de grandes choses puisque vous ne pouvez respecter les autres.
Respect des autres – Et vous serez respectés en retour. Si vous ne retournez pas le respect des autres, certains présumeront qu’ils ne valent pas la peine d’être respectés, et de ce fait, ils ne se respecteront pas.
Responsabilité pour toutes vos actions – Vous êtes seul responsable de vos sentiments, de vos actions, de votre réussite, etc. Vous contrôlez totalement votre vie, il ne faut pas essayer de blâmer les autres pour ses erreurs et ses malheurs.

4. Rappelez-vous que ne pas obtenir ce que vous voulez est parfois un merveilleux coup de chance. 

Essayer d’obtenir tout ce que vous désirez ne sera pas nécessairement bon pour vous dans le long terme. Si quelque chose semble ne jamais fonctionner, comme si le destin intervenait, pensez à lâcher prise et revenez y plus tard. L’Univers agit de façon mystérieuse et doit être digne de confiance.

5. Apprenez les règles pour savoir comment les transgresser correctement. 

Les règles sont faites pour être transgressées. La plupart d’entre elles sont mis en place par les anciens établissements corrompus qui ne cherchent qu’à asservir et maintenir leur propre pouvoir. Quand il s’agit de transgresser les règles, faites-le correctement pour éviter les répressions. Mais par-dessus toutes choses, assurez-vous que vous le faites dans les règles. Si l’autorité n’avait jamais été remise en question, nous serions une civilisation stagnante.

6. Ne laissez pas une petite dispute briser une grande amitié. 

Évidemment, l’amitié est bien plus importante qu’une petite dispute, mais très peu de gens mettent cette règle en pratique. Vous devez également être en mesure de suivre la règle #7 pour pouvoir suivre la règle #6.

7. Lorsque vous réalisez que vous avez commis une erreur, prenez immédiatement des mesures pour la corriger. 

Et ne laissez pas votre fierté faire obstacle à ces mesures. Pardonnez-vous et prenez-en l’entière responsabilité. Cela en dira long sur votre personne. Ce n’est pas le nombre de nos échecs qui déterminent notre réussite finale, mais notre capacité à en extraire de la sagesse, puis à passer à autre chose avec une énergie nouvelle. Les erreurs sont neutres; nous pouvons en faire ce que nous voulons. Selon notre manière de les percevoir, elles nous accableront ou nous guideront vers le succès.

8. Passez un peu de temps seul chaque jour. 

Peu importe ce que vous faites, passez au moins 30 minutes de votre journée seul dans un endroit calme. Cela vous donnera au moins une demi-heure pour observer ce qui se passe dans votre vie, de prendre conscience de qui vous êtes et de comprendre ce que vous voulez. Que ce soit à travers la prière, la méditation, le yoga ou le golf, ce rituel est un « must ».

9. Ouvrez vos bras au changement, mais ne laissez pas s’envoler vos valeurs.

Le monde est en constante évolution. Si vous n’êtes pas ouvert au changement, alors vous serez malheureux. Vous allez vous-même changer, mais cela ne veut pas dire que vos valeurs doivent changer aussi. Accueillez les nouveaux lieux, les nouveaux visages et les nouveaux amours, mais ne changez jamais ces parties importantes de vous-même, sauf si vous avez de bonnes raisons de penser que vous aviez tort d’y croire.

10. Rappelez-vous que le silence est parfois la meilleure réponse.

Le silence conduit à la contemplation détendue au cours de laquelle les émotions ont moins d’influence et où logique peut prendre le relais. Par exemple, si vous vous disputez avec un ami, garder le silence au lieu de riposter en vous emportant est plus efficace et mettra fin à la dispute beaucoup plus rapidement.

11. Vivez votre vie avec honneur. 

De ce fait, lorsque vous vieillirez et vous regarderez en arrière, vous serez en mesure d’en profiter une seconde fois. Vous allez devoir vivre avec vos actions pour le reste de votre vie, alors pour vous épargner le regret et l’angoisse, vivez votre vie avec honneur à partir de maintenant. Les bonnes choses viennent et les bonnes personnes aussi. Vous ne serez jamais puni pour avoir agi avec intégrité.

12. Une atmosphère d’amour dans votre maison est le fondement de votre vie. 

C’est la règle où vous avez le moins de contrôle. Comme dans la règle # 3, si vous respectez (aimez) votre famille, ils vous respecteront et vous aimerons en retour. Faites entrer l’amour dans votre maison. Faites briller les murs avec de la tendresse. Cela établira une base solide dans la vie de vos enfants.

13. Lorsque vous êtes en désaccord avec les êtres chers, concentrez-vous uniquement sur le présent.

Ne réveillez pas le passé. Le passé est constant, immuable. Réveiller le passé ne peut qu’apporter plus de douleur à la situation. Pardonnez les actions passées et concentrez-vous sur le présent.

14. Partagez vos connaissances.

On apprend tellement dans une vie. Partager vos connaissances avec les gens que vous rencontrez, cela ne peut que les aider. Plus important encore, partager vos échecs et vos expériences pour que les autres ne reproduisent pas les mêmes erreurs.

15. Soyez doux avec la terre. 

La terre est l’endroit où nous vivons. Donc, cela devrait être évident. Blesser la terre c’est se blesser soi-même, l’avenir de vos enfants et de vos proches.

16.  Une fois par an, aussi souvent que possible, allez quelque part où vous n’êtes jamais allé auparavant.

Découvrez de nouveaux lieux et de nouvelles choses. Vous pourriez vous retrouver avec quelqu’un quelque part qui vous rend plus heureux. La Terre est si vaste avec des endroits uniques et magnifiques, pourquoi ne pas aller explorer un peu ?

17. Rappelez-vous que la meilleure des relations est celle dans laquelle votre amour pour l’autre dépasse vos propres besoins. 

L’inverse peut être un indice que votre relation doit se terminer. Si vous avez besoin de quelqu’un plus que vous l’aimez, c’est un signe de dépendance, pas d’affection. Trouvez quelqu’un où l’amour est la force dominante et dans laquelle la relation est beaucoup plus épanouissante.

18. Jugez vos réussites d’après ce que vous avez eu à renoncer pour y arriver. 

Décidez ce que vous voulez. Concevez votre vie idéale et foncez. Ne laissez aucune partie de ce rêve s’échapper, ainsi, vous ne vivrez jamais dans le regret. Tout est bon, car tout est utile –  dans la mesure où vous savez saisir les occasions d’apprentissage qui se présentent à vous. Si vous percevez les expériences difficiles comme de mauvais présages, elles auront un impact négatif. Si vous les voyez comme des occasions de croître, vous saurez les transcender.
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dimanche 4 janvier 2015

Mes films de l’année 2014


Le dandysme spleenétique de vampires romantiques errant entre Detroit et Tanger et la mise en scène hypnotique de Jim Jarmusch pour Only Lovers Left Alive.

La grâce d'une partie de football sans ballon dans Timbuktu.

Le vertige sensoriel de Under the skin avec un final d'anthologie.

Le romantisme sous la lumière azurée de la méditerranée et le jeu de Colin Firth pour le dernier Woody Allen en état de grâce.

Le sex appeal vénéneux de la candide Shailene Woodley dans White bird, une perle de Gregg Araki.

Le bouleversant portrait d'un aborigène vieillissant perdu loin du bush dans la pauvreté de sa vie de paria, splendide David Gulpilil ! dans Charlie's country.

La leçon de mise en scène du dernier film de J. C. Chandor "A most violent year" avec une Jessica Chastain impériale.

vendredi 2 janvier 2015

SMOKE


Oui, ce monde est bien plat ; quant à l'autre, sornettes.
Moi, je vais résigné, sans espoir, à mon sort,
Et pour tuer le temps, en attendant la mort,
Je fume au nez des dieux de fines cigarettes.

Allez, vivants, luttez, pauvres futurs squelettes.
Moi, le méandre bleu qui vers le ciel se tord
Me plonge en une extase infinie et m'endort


Jules Laforgue

Frères humains qui après nous vivez

Frères humains qui après nous vivez,
N'ayez les coeurs contre nous endurcis,
Car, si pitié de nous pauvres avez,
Dieu en aura plus tôt de vous mercis.


Vous nous voyez ci attachés cinq, six :
Quant à la chair, que trop avons nourrie,
Elle est piéça dévorée et pourrie,
Et nous, les os, devenons cendre et poudre.
De notre mal personne ne s'en rie ;
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre !

Si frères vous clamons, pas n'en devez
Avoir dédain, quoique fûmes occis
Par justice. Toutefois vous savez
Que tous hommes n'ont pas bon sens rassis ;
Excusez-nous, puisque sommes transis,
Envers le fils de la Vierge Marie,
Que sa grâce ne soit pour nous tarie,
Nous préservant de l'infernale foudre.
Nous sommes morts, âme ne nous harie,
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre !

La pluie nous a débués et lavés,
Et le soleil desséchés et noircis ;
Pies, corbeaux, nous ont les yeux cavés,
Et arraché la barbe et les sourcils.
Jamais nul temps nous ne sommes assis ;
Puis çà, puis là, comme le vent varie,
À son plaisir sans cesser nous charrie,
Plus becquetés d'oiseaux que dés à coudre.
Ne soyez donc de notre confrérie ;
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre !

Prince Jésus, qui sur tous a maistrie,
Garde qu'Enfer n'ait de nous seigneurie :
À lui n'ayons que faire ni que soudre.
Hommes, ici n'a point de moquerie ;
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre !


 


VILLON

Calaferte a écrit


Haïssez celui qui n’est pas de votre race.
Haïssez celui qui n’a pas votre foi.
Haïssez celui qui n’est pas de votre rang social.
Haïssez, haïssez, vous serez haï.
De la haine, on passera à la croisade,
Vous tuerez ou vous serez tué.
Quoi qu’il en soit,
vous serez les victimes de votre haine.
La loi est ainsi :
Vous ne pouvez être heureux seul.
Si l’autre n’est pas heureux,
vous ne le serez pas non plus,
Si l’autre n’a pas d’avenir,
vous n’en aurez pas non plus,
Si l’autre vit d’amertume,
vous en vivrez aussi,
Si l’autre est sans amour,
vous le serez aussi.
Le monde est nous tous, ou rien.
L’abri de votre égoïsme est sans effet dans l’éternité.
Si l’autre n’existe pas, vous n’existez pas non plus


Louis Calaferte