jeudi 26 février 2015

Du bon...


Il y avait quand même du bon dans le métier d'écrivain et j'avais beau me creuser la tête,je ne voyais pas dans quelle branche je pourrais retrouver une telle liberté si par malheur j'étais un jour contraint de me reconvertir. J'essayais de ne pas trop y penser, je savais que m'asseoir derrière un bureau me tuerait. Je priais tous les jours un peu plus pour obtenir du Ciel qu'une sorte d'héritage nous tombât  sur la tête, et la nuit je jetais secrètement une pièce de monnaie par la fenêtre.

Philippe Djian - Échine - 1988

Paris, Paris


Dans le noir d'une névrose obséquieuse
se trouve aussi en chien de fusil
blessé, mais croyant en l'étoile,
l'être nouveau, pusillanime,
mais ne craignant pas l'amitié du soleil
le cœur phénicien
le sang contemporain de l'ancien monde de chaleur
grecque et romaine;
Partir en avouant
ne rien regretter
surtout cette fille des garrigues
dont le cul fut un absolu
qui dura le temps des vendanges lycéennes
car aujourd'hui la quadra a disparu dans le gris des pierres
et sa parole n'est pas douce et claire
comme ce chant sur ma vie
ce matin dans les rues de Paris
où je marche sous le crachin, ayant soif de journaux et de cafés
une oeuvre déjà derrière moi
et au fond du bus 26, je bande,
au chaud avec pour spectacle ce que je n'ai pas à construire
à conquérir
cela est fait
juste observer les rues et les gens
repos
repos
il n'est plus temps de conquérir
fini la fièvre
juste observer
observer


Fabien Sanchez - copyright 2015

Un lieu idéal pour le deuil de l'enfance


L'esprit de vengeance


L'abeille  pique l'ours au front
vengeant ainsi ses rayons saccagés.
Mais quoi , sans dard, elle se meurt.
Qui trop se veut venger à prompte mort s'expose.

Alexandre Pouchkine

Les hauteurs de Sion


Je m'acharne à gravir les hauteurs de Sion
mais en vain : le péché se colle  à mes talons
comme un lion labourant de naseaux poussiéreux
le sable où il poursuit à la trace un chevreuil.

1836 - Alexandre Pouchkine

jeudi 19 février 2015


Je me méfie des certitudes absolues, on n'y trouve souvent que l'attachement à soi-même.

Jean Sulivan

mercredi 18 février 2015


L'art vole autour de la vérité, mais avec la volonté bien arrêtée de ne pas se brûler.
Franz Kafka

intermède musical


Chantiers


Correction des épreuves de mon nouveau roman, sachant qu'il reste à écrire le dernier tiers du livre. Avancée dans l'adaptation scénaristique de mon roman "Le sourire des évadés", en lice pour le Goncourt du premier roman 2015. Début de l'écriture d'un nouveau roman "Arte di vivire", qui se situera entre Paris, New-York et Avalon, Mississippi, que je scénariserai une fois fini et devrait donner belle matière pour un road movie que je proposerai volontiers à une réalisatrice telle que Claire Denis dont j'avais beaucoup aimé le film "35 rhums". Dernières mains au scénario d'un moyen métrage de cinquante minutes "Spleen ville" adapté d'une nouvelle éponyme qui donne son titre à un recueil court de six nouvelles que je ne vais pas tarder à envoyer aux éditeurs. En parallèle de cela, je me suis lancé dans l'écriture d'un roman"Midnight special" que je vais également adapté pour le cinéma, qui raconte le pendant de l'évasion de William et de Frédéric Johansen évoquée dans "le sourire des évadés" et dans lequel vont apparaître les figures de Wim Wenders et Jim Jarmusch dans le milieu des années quatre vingt à Berlin. 
j'ai apporté les dernières corrections à mon manuscrit "Vénus pleure dans un taxi" à paraître chez l'éditeur belge "Les carnets du dessert de lune" au début du printemps de 2016, publié par les soins de l'éditeur Jean Louis Massot, qui sera dédié à Jean Jacques Beinex, car je ne me suis jamais remis du choc esthétique que fut l'incandescent "37,2 le matin" quand j'avais treize ans, au Gaumont Comédie, par un mercredi pluvieux, quand un vent de beauté et de liberté me souffla dessus comme une tornade électrique.

jeudi 12 février 2015

De l'écriture viendra le salut ?


Quatre scénarios, trois romans, un recueil de nouvelles  en cours...Pour servir la joie, l'enfance, l'amour avant la poussière standing in the corner. Pulsation romantique, road movie sur fond de Phoenix, errance sur les terres d'Avalon vers the spirit of Mississippi John Hurt...Writing like never...je ne suis plus le chauffard de mes rêves, mais leur chauffeur...


Go Fabsy, go !


Mon scénario est fini. Adapté de mon roman "Le sourire des évadés". La recherche du producteur va commencer. Mais j'en attaque deux autres.Un qui se passera à Berlin, et l'autre dédié à Jarmusch, à New-york... Remuer le ciel et la terre, sur Eye of the tiger !

When I was young


When I was young, it seemed that life was so wonderful,
A miracle, oh it was beautiful, magical.
And all the birds in the trees, well they'd be singing so happily,
Joyfully, playfully watching me.
But then they send me away to teach me how to be sensible,
Logical, responsible, practical.
And they showed me a world where I could be so dependable,
Clinical, intellectual, cynical.

Un jour j'irai à New-York avec toi


dimanche 8 février 2015


Je ne crois pas aux augures
Et je n’ai pas peur des signes.
Je ne fuis ni l’enfer ni la calomnie.
Il n’y a pas de mort sur terre.
Tous sont immortels. Et tout.
Il ne faut pas avoir peur de la mort,
Ni adolescent, ni vieillard.
Il n’y a que le réel et la lumière,
Ni ténèbres ni mort, non, sur cette terre.
Nous sommes déjà tous sur le rivage,
Et je suis de ceux qui ramènent le filet
Quand l’immortalité est venue en bancs.
Arseni Tarkovski (1907-1989)

samedi 7 février 2015



Dans tous mes films, l'humour m'aide à parler de sujets existentiels. Je suis frappée par le ridicule et l'arbitraire de l'existence humaine, et j'aime montrer le non-sens qu’il y a à vouloir faire quelque chose de grandiose, car finalement tout est vain

Jessica Hausner, réalistarice de "Amour fou"

lundi 2 février 2015

Lettre de Wenders


Alice dans les villes - bande annonce


intermède musical


Jim Jarmusch - Limits of control


Jim Jarmusch - Only lovers ...interwiew


Un poème de Guillaume Siaudeau



Ce ne sont
ni la ponctuation
ni les idées
qui manquent
mais ce matin
l'horizon est
une phrase
écrite par
un médecin

Martin Scorsese - Mean streets...


Jim Jarmusch - Dead man


Jim Jarmusch - Only lovers...


Un poème de Guillaume Siaudeau



Certains matins
nous sommes
cette fleur 
presque à terre
qui se dit 
c'est bon
je crois qu'il reste
encore assez de vent pour 
vibrer encore un peu

Repos


Le plaisir d'une douche, d'un apart avec chauffage central, s'allonger en caleçon sur son lit, torse nu et cheveux mouillés...ouvrir le doc de son manuscrit et procrastiner. N'ai-je pas déjà quatre livres à mon actif et un cinquième qui sortira en 2016 ? A quoi bon écrire encore. La fièvre n'y est plus...Mais la flemme, oui. Je me repose de ma jeunesse...42 ans et quatre livres au compteur...Je suis allongé, observe l'affiche de Only lovers left alive au mur, branché sur deezer, comme c'est bon de ne plus avoir le feu sacré, d'être libéré de la fièvre de la création...oui, c'est bon de se reposer sur ses lauriers.


dimanche 1 février 2015

Scénariste


Pour payer ma dette envers mon enfance, mais aussi le loyer de ma vie adulte, je vais essayer de devenir scénariste. La mise en scène me terrifie, je ne suis bien que seul, avec l'écrit...Pas besoin de chercher de l'argent pour écrire, de se casser les reins à la recherche d'un producteur et de financement. Avec ma plume, je suis libre, libre dans la solitude, libre d'écrire ce que je veux. Ainsi, je vais ajouter cette corde à mon arc que je veux bien tendue. Je suis romancier, nouvelliste, poète, mais à compter de ce jour, je vais marcher dans les pas de Fante, pour être un homme libre...ce qui veut dire, rester chez soi, se protéger de ce monde. De l'écriture viendra le salut me disait Olivier Brun, mon éditeur et ami...Je vais envoyer mes scénarii aux cinéastes que j'aime et aux producteurs que je respecte...Nous verrons bien la suite....Cinéma, here I come ! I want to be free..