lundi 30 mars 2015

Georges Perec interwiew


BATAILLE

Après plusieurs tentatives infructueuses au cours des vingt dernières années, est sûr que cette fois, c'est la bonne, a envie d'aimer Bataille et se plonge dans Madame Edwarda, L'impossible et Le bleu du ciel.

dimanche 29 mars 2015

Felix et Meira


Alors qu'on nous rabache que Xavier Dolan est un petit génie (ce qu'il n'est pas de mon point de vue, mais juste un réalisateur précoce et super mimi) le Canada nous offre bien des surprises en cette année 2015 avec ces deux perles que sont "Tu dors Nicole" de Stéphane Lafleur et le somptueux "Félix et Meira " de Maxime Giroux, de mon point de vue le meilleur film de ce premier trimestre de l'année. Une véritable pépite de délicatesse, avec les acteurs Martin Dubreuil et la délicieuse Hadas Yaron, comédienne israélienne à la beauté diaphane et romantique, époustouflante de charme et qui crève l'écran. J'ai adoré, pour moi la vraie palme d'or de ce dernier festival. 


Vive les canadiens, on en veut encore !

samedi 28 mars 2015

A trois on y va


Jérôme Bonnell confirme tous les espoirs que j'ai misé sur lui après "Le temps de l'aventure". Un cinéaste très fort pour dire les émotions humaines, filmer proche des visages, le désir et ses tremblements. Ici, un formidable trio amoureux, bien meilleur que Jules et Jim. Anais Demoustier est décidément avec Leila Bekti la jeune comédienne que je préfère en France, pleine de talent et absolument adorable. J'ai adoré ce film intelligent, subtil, pudique et tout à fait passionnant de bout en bout sur un amour à trois, possible ou impossible ? Allez voir "A trois on y va ", Un film délicieux, profond, sensible : c'est ce que le cinéma français a fait de mieux ces derniers temps.


Jérôme Bonnell derrière la caméra

Un film superbe


Travis Bickle dans Taxi driver

Loneliness has followed me my whole life,      
everywhere.
In bars, in cars, sidewalks,
stores, everywhere.
There's no escape.
 I'm God's lonely man.



lundi 23 mars 2015

Humains écrasés




Je voudrais écrire un livre qui plaise à Jésus. Je suis parfois désolé de si mal le servir. Mais j'écris sur mes frères et sœurs d'ici-bas dans la rubrique Humains écrasés. Je témoigne des contradictions du cœur, je suis peintre des sentiments. L’écriture est aussi une façon de passer le temps, de tromper l’ennui. Et si je déshabille les femmes et les âmes dans mes livres, c'est aussi un peu pour cela. Le ciel m'a fait sophiste dès l’avènement de la lucidité en mon plus jeune âge et, s'il y a bien une chose à laquelle je sois fidèle, c'est cette première saison de ma vie. Pour le reste, mes contradictions dansent avec moi autour d'un feu de joie, quand elles ne se traînent pas à mes côtés, sous une pluie automnale.
Jésus, comme moi, existe. Je suis son frère en cette vie. Je serai son fils dans l’autre.
Mais, l’une et l’autre, existent-elles ?


Copyright Fabien Sanchez 
Texte à paraître prochainement  dans "Vénus pleure dans un taxi" aux éditions Les carnets du dessert de lune.

dimanche 22 mars 2015

When I said 'I can see me in your eyes',
You said 'I can see you in my bed',
That's not just friendship that's romance too,
You like music we can dance to

Une histoire simple


JE N'AVAIS JAMAIS VU CE FILM DE SAUTET QUI EST UNE MERVEILLE témoignant une fois de plus de l' IMMENSE ET SINGULIER CINÉASTE qu'il était. ROMY PROUVE ICI QU'ELLE FUT avec ARLETTY LA PLUS GRANDE DE NOS COMÉDIENNES. Cremer et Brasseur sont très bons aussi. Le montage est parfait, la mise en scène unique en son genre, longues focales, narration lente. Le scénario de Dabadie est superbe. Et la musique de Philippe Sarde...Toute une époque, 1978.

samedi 21 mars 2015

julian casablancas


Ten decisions shape your life,
You'll be aware of 5 about,
7 ways to go through school,
Either you're noticed or left out,
7 ways to get ahead,
7 reasons to drop out,
When I said 'I can see me in your eyes',
You said 'I can see you in my bed',
That's not just friendship that's romance too,
You like music we can dance to

Carson

" La plupart d'entre nous préfèrent être celui qui aime. Car la stricte vérité, c'est que d'une façon profondément secrète, pour la plupart d'entre nous, être aimé est insupportable. "

Tom Buron

Tom Buron (deuxième à gauche) avec son groupe The crushed


Persona Non Grata 
Peux-tu te souvenir du temps intact et serein où tous les rêves songes bruts cosmiques étaient presque tous Réels Réels comme l’est le punch d’un roi boxeur sur le Grand Ring doré palpables encensés Enfants chantants riants criant la joie d’être dans un fond insonore en black and white 
Je suis ces gamins béats quand je bois Et la chaude larme s’écoule de l’œil las Et la chaude liqueur s’écoule du cœur à bout Célébrant la Grande Messe que nous avons manqué tant de fois


Experientia 
 L’Expérience est la seule chose qui doit être déifiée qui est sacrée L’expérience prend le meilleur de tout l’Expérience c’est ton bonheur et ta tristesse Tout ton corps et ton être se souviendront à jamais de cette nuit dévorante quand tu as fait l’amour à cette nana derrière le centre commercial à Paris sous l’éclat imperturbable de la lune de cet après-midi à plusieurs étages quand tu étais bourré et que tu as cassé les dents de ce type qui avait insulté ta madre de ce jour délectable quand toi gamin et ton équipe ont gagné le match de foot de cette soirée solaire quand tu as embrassé pour la première fois cette fille sublime que tu as attendu trop longtemps Tu vois ce que je veux dire je suis complètement certain que tu sais Ouais On le sait tous

En attendant stupidement une Aide... 
Couché sur des braises bleues épaves de la conscience Dieu est passé Il m’a dit sardonique mais avec une voix douce « Tu n’es pas mon fils »


Les 3 poèmes : Persona Non Grata / Experientia / En attendant stupidement une aide
sont de Tom Buron(tous droits réservés) et extraits du numero 5 de la revue "Le cafard hérétique"

vendredi 20 mars 2015

La vie foudroyée

Qui d’autre que moi
Pourrait dire que j’existe,
Qui d’autre que moi
Que je suis là, muet, parmi vous,
Avec cet effroi, cette angoisse
Ancrés en moi depuis toujours
Telle l’intarissable blessure
D’une vie que je n’aurai pas vécue ?
***
Bernard Mazo (1939-2012) – La vie foudroyée (1999)

Where have they been ?


Here are the young men, the weight on their shoulders,
Here are the young men, well where have they been?
We knocked on the doors of Hell's darker chamber,
Pushed to the limit, we dragged ourselves in,

Watched from the wings as the scenes were replaying,
We saw ourselves now as we never had seen.
Portrayal of the trauma and degeneration,
The sorrows we suffered and never were free.

Ian Curtis

Un jeune amigo poète, Tom Buron, qui chante le rock avec : The Crushed !


jeudi 19 mars 2015

Intermède musical

Ah you loved me as a loser, but now you're worried that I just might win
You know the way to stop me, but you don't have the discipline
How many nights I prayed for this, to let my work begin
First we take Manhattan, then we take Berlin


lundi 16 mars 2015

Scène finale de Moulin Rouge de John Huston


Un jour où je doutais de moi

« Un jour où je doutais de moi », dit Dieu,
« je suis allé chez mon ami Shakespeare,
puis je me suis rendu
au domicile de Rembrandt,
qui se peignait couvert de rides.
Avant de retrouver mon royaume incertain,
j’ai salué l’enfant Mozart,
à qui j’ai apporté
un clavecin tout neuf.
Ces trois visites m’ont suffi
pour m’accepter un peu. »


Alain Bosquet  Le tourment de Dieu (1986)
Jamais nous ne parviendrons à délivrer le monde de toute haine
 

Puissions-nous seulement à la fin ne pas être hantés
par le remords
de tout l’amour non aimé

Reiner Kunze

Grief

Réveillé de bonne heure ce matin, depuis mon lit
je portai le regard loin sur le chenal pour suivre des    
yeux un petit bateau traçant sur la mer houleuse,
un seul feu de signalisation allumé à bord.
Me suis rappelé mon ami qui hurlait        
                          

le nom de sa femme morte du haut des collines
autour de Perugia. Qui mettait son couvert
à table longtemps après
sa disparition. Qui ouvrait les fenêtres
pour qu’elle ait de l’air frais. Je trouvais gênant
cette façon d’afficher son chagrin. Ses autres
amis aussi. Je ne voulais plus voir ça.
Jusqu’à ce matin.

Carver - Chagrin 1985
Tout au long de tes jours
Te précède ton enfance
Entravant ta marche
Ou te frayant chemin

Épreuves du vivant (1983) Andrée Chedid

Jean-Luc Wauthier est au ciel


Ah, que je repose enfin dans l’enfance
Qui jamais ne cesse de dicter le poème
d’ouvrir notre corps malade
aux allées de lumière
à l’ordre des ténèbres épongées par la nuit
Ah qu’enfin je
te retrouve, poésie, petite fille aux allumettes
aux doigts gelés.
Et que flambe enfin toute la maison.
***
Jean-Luc Wauthier (Charleroi, Belgique 1950-2015)Manteau de silence (2010)

Pour vivre heureux, vivons cachés



No men to get her through this smoky night

L. Cohen

vendredi 13 mars 2015

Open up and bleed


Les parapluies sont des veufs qui portent le deuil des ombrelles disparues. 
Ràmon Gómez de la Serna

(merci à Cyril Anton)

En toutes choses, je cherche le repos



Que Dieu demeure plus volontiers dans un cœur détaché que dans tout autre nous nous en rendons compte par ceci. Si en effet tu me demandes : que cherche Dieu en toutes choses ? je te réponds avec le livre de la Sagesse, là où il dit : " En toutes choses, je cherche le repos !"
Nulle part il n'y a le repos complet que dans le cœur détaché.
C'est pourquoi Dieu lui est plus cher que dans n'importe quel autre être ou dans n'importe quelle autre vertu.


Maître Eckhart - Sermons- traités


Illustration Gary Winogrand (1928–1984)

Lecture en cours...


« Il y a deux chances de ne jamais revoir les amis dont on se sépare pour un long voyage : ceux qui restent peuvent ne plus se retrouver au retour ; ceux qui partent peuvent ne plus revenir. »


Jules Verne, première phrase de Mistress Branican

Rustines


Il se demande encore
si la vie est grave
si le désir se porte
à la boutonnière
si l'on met indéfiniment
des rustines à ses rêves


Jean-Pierre Georges - Ou être bien - le dé bleu

Illiustration James Cagney par Casey62 (tous droits réservés)

vendredi 6 mars 2015

Pour Marion




Pour Marion, 14 ans, ma lectrice "fan" du "Sourire des évadés"  et amatrice de ce blog (sic) : ce morceau chère Marion....pour toi, spéciale dédicace !!!
Lots of kisses sugar !



jeudi 5 mars 2015

Je suis l’homme de quart
d’un remorqueur 
à la traîne

qui pleure
dans l’écume blanche

sous les diamants

de la pluie


F Sanchez copyright 2015

mardi 3 mars 2015

Poème d'un soir de fatigue


Ma vie : un sourire gêné.
Mais aussi :
un haussement d'épaule,
un bâillement,
une allumette craquée avec lassitude.
Présentement, je lis Dazai, Cent vues du mont Fuji.
La poussière de la mémoire.
Les larmes de mon père.
La femme qui sauva ma vie.
Le fatalisme du cœur.
Le thé au désert.
L'enfance bleu garrigue.
Un désir de Japon.
D'une chambre d’hôtel à Tokyo.
Du riz et des pleurs, du saké et des luckies.
Un champ de ruines;
O légère était la brise du monde
douces les lumières de l'été
triste le solstice.
Je sauve une coccinelle.
Soleil.


F.Sanchez Copyright 2015

lundi 2 mars 2015

Soutien


Le peu et le beaucoup me soutiennent maintenant à part égale, ou à part égale ne me soutiennent pas.


Antonio Porchia - Voix abandonnées 
- éditions Unes