lundi 6 avril 2015

Mélopée sudiste


Je suis bourré, les pieds dans l'eau fraîche de la rivière, je bois mon ricard avec des glaçons et je regarde ma muse, chanter en jouant du violon "The night they drove Old Dixie down" ; le ciel est bleu, des odeurs de grillade et de sardines émanent des quelques maisons circonvoisines aux terrasses canissées, je porte un chapeau de cow- boy, je suis torse nu, fier de mon tatouage "jouir", et le chien se roule dans l'herbe ; j'ai quinze ans, je découvre Bukowski, je dirai même que "Souvenirs d'un pas grand chose" est mon livre de chevet, il fait beau, c'est le printemps, je suis dans le sud, je ne sais pas encore que je suis l'ami de Jésus ! Ma nymphe a le plus joli cul que j'ai jamais vu, et je baiserai ses seins, tout à l'heure, à l'ombre d'un hêtre ou d'un chêne kermès, en roulant des yeux fous, Brrrrr!, un grand platane tamise la lumière qui dégringole dans nos regards ivres, le sud, le sud, le sud ! le violon fait des merveilles sous les doigts de Bianca, qui a la plus jolie chatte que j'ai vue, et qui sait branler ferme aussi, je suis sur la terre de mon enfance, je m'oppose au sentiment tragique de l'existence , que j’appelle le chef d’œuvre du diable, et je choisis le sourire de la Vierge, le petit cul de Bianca, la brise, le ciel bleu, uniment bleu, l'odeur des sardines grillés, les toits de tuile rouge, mon être tout entier se confond dans les nuées vaporeuses du pastis, j'ai quinze ans, les ongles de mes mains sont sales et tout à l'heure, ils fouilleront le corps de Bianca, quand les fesses nus exposées aux rayons mordorant du soleil, je besognerai une nymphe, qui sait, elle, le cancre que je suis, le cancre de Dieu, l'enfant du soleil, le fils de l'évasion, l'ami inconditionnel de la joie de vivre, car le soleil du Midi, sur la garrigue, est la lumière de toutes les tragédies, mais je n'en connais aucune, sauf celle de refuser ma bouche aux sardines, au cul de Bianca, au pastis, et je laisse à d'autres le soin d'écrire sur le sentiment tragique de la vie, car j'ai quinze ans, et je n'ai pas peur du violon, même si parfois, il m'arrache des larmes, je n'ai pas peur des larmes, soleil, soleil, soleil, sur les seins de ma nymphe !!!

F Sanchez copyright 2015

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