dimanche 31 mai 2015

Et il y a encore ceci que je voudrais ajouter, c'est que Dieu entre peut-être plus facilement dans une âme ravagée par les sens que dans une âme barricadée derrière ses vertus.

Julien Green


C'est par où la folie commune admire, que le discernement du sage se désabuse.

Baltasar Gracian

Un poème de Christophe Brégaint

D’autres souffrances descendront
Par des secrétions de rêves
A la faveur d’un jour
Exténué
Nul n’esquive
Ces gouttes de brûlure
Qui souillent le ciel
De particules de tristesses
Les doigts tiennent
Tout l’espoir fragile
Dans l’étroite
Fente d’une croyance

samedi 30 mai 2015

Une critique de mon livre

Le sourire des évadés de Fabien Sanchez


Et toujours ce papier mât à gros grains,
très agréable au toucher qui accompagne
une photo pleine de charme.
Ne changez rien, les éditions
La Dragonne !

Quoi qu'il tente ou fasse, l'élastique à sa culotte (celle dont se plait à user les fonds sur des bancs d'école) le ramène toujours en arrière. Un tendeur implacable, le  souvenir douloureux de 1983,  a fait de lui un "sous-Peter Pan cyclothymique", un "fugitivus errans". A la longue, ça lasse une femme, même d'humeur égale. C'est pour enfin cesser de se projeter dans le passé et peut-être sauver son mariage que William est revenu dans sa maison d'enfance. Il a l'été devant lui pour avancer sur son roman. Il veut écrire l'histoire de Frédéric, son meilleur ami, disparu en 1983, évaporé au cours d'une "évasion", une escapade d'adolescents où tous étaient pourtant partis avec le sourire.

Plusieurs figures féminines l'entourent, à commencer par Judith, sa fille, véritable rayon de soleil, indulgente vis-à-vis des dispositions abouliques de son écrivain de père mais intraitable  sur  son écriture si celle-ci prend du poids sans raison. William sait aussi qu'il peut compter sur la bienveillance d'Elisabeth, sa voisine, la mère de Frédéric. Il la connaît depuis toujours. Elle est son idole, son icône, son baume. Une nouvelle venue dans le voisinage, la jeune et jolie Stella l'intrigue  mais la demoiselle, à l'esprit pourtant vif, n'est pas vraiment ce qu'on peut appeler un modèle d'équilibre et pour tuteurer quelqu'un, mieux vaut soi-même ne pas être chancelant. 

Pour être tout à fait honnête, j'ai craint un moment que les atermoiements de ce mâle quadragénaire un brin improductif et versatile, manipulant parfois plus la bouteille que le stylo allaient finir par m'agacer (une pensée solidaire avec l'épouse qui a dû avoir bien envie de lui botter le train...) mais il n'en a rien été (reprenons notre posture de lectrice), d'abord parce que l'on n'oublie pas l'histoire qui sous-tend tout ce mal-être, ensuite parce qu'il est quand même le premier à ne pas s'épargner, à se regarder le nombril ou à se triturer le cerveau certes, mais avec une lucidité certaine et une autodérision bien ficelée, le tout servi par une belle écriture.

J'ajoute que c'est un roman à l'érudition discrète avec un vocabulaire précis, parfois rare (j'ai appris 2 ou 3 mots au passage dont un que j'ai utilisé plus haut...), quelques locutions latines, des références à des auteurs et non des moindres... (Cioran, Kafka, Sénèque, Bobin) et, choix risqué mais délicieux selon moi, l'emploi de temps oubliés comme le conditionnel passé ou le plus-que-parfait du subjonctif (quand le propos est contemporain, je ne trouve pas que cela fasse suranné).

C'est quand même le deuxième* livre que je lis depuis peu où je concède à un narrateur masculin le droit d'avoir autant de défauts, soit je me ramollis dangereusement soit leurs auteurs ont du talent ! ;-)

*L'autre, c'est Toute ressemblance avec le père de Franck Courtès. Je ne sais pas si ces deux auteurs se connaissent mais peut-être qu'ils auraient des choses à se dire...


Les chroniques de Petite Balabolka 
http://www.blogger.com/profile/00895340014025927703

vendredi 29 mai 2015

Un ami d'enfance

Mon ami d'enfance du temps des éclaireurs de France, Thomas Azuelos, dessinateur de BD et de films de courts métrages d'animation...Je me souviens encore, nous avions dix ans, quand il me racontait le film "Terminator", et moi, "Les dents de la mer" ; moments précieux, sacrés, inoubliables, qui prédestinaient déjà nos parcours d'artistes...je t'embrasse Thomas, et j'espère un jour boire avec toi le verre de l'amitié sous le ciel de Marseille . Ma main amie.


Rencontre lecture à la lucarne des écrivains

Rencontre / lecture à la Lucarne des écrivains
Jeudi 28 Mai à 19h30 avec
Stéphane Chaumet et Fabien Sanchez, auteurs
Olivier Brun et Alain Gorius, éditeurs
Pour la sortie des livres
Fentes, éditions Al Manar
Le sourire des évadés
, éditions La Dragonne
La Lucarne des écrivains
115, rue de l’Ourcq, 75019 Paris
Métro : Crimée (ligne 7)

J'ai passé une soirée formidable en votre présence, chers amis. Elle s'est terminée comme de coutume avec mon éditeur adoré à refaire la monde jusqu'au bout de la nuit. J'ai trouvé la poésie de Stéphane Chaumet, de très haut niveau, et l'homme singulier et passionnant. Merci à mes amis Fabien Roman Leriche Tom Klown Chéri Bibi Christophe Bregaint d'être venus à cette lecture , et à la poétesse HLn Cellier dont j'ai fait l'heureuse connaissance...Bises à tous camarades...


Marché de la poésie 2015

C'est bientôt, la session 2015 du marché de la poésie sur la magnifique place Saint-Sulpice à Paris. Je dédicacerai mes livres et boirai avec vous le verre de l'amitié sur le stand des Éditions La Dragonne les vendredi 12 et samedi 13 juin entre 18h & 21h. J'espère vous y retrouver nombreux ...Ma main amie.


Soirée "Le cafard hérétique"


A ce soir les amis pour la soirée Cafard. Je viendrai avec Olivier Brun, mon éditeur, et j'espère faire de nombreuses et belles rencontres parmi les auteurs et les invités pour le nouveau numéro de cette excellente revue à laquelle j'ai contribué via quelques textes que j'aurais plaisir à lire !!!
Soirée Cafard Hérétique / Lancement n°6 / Monte en l'air / 29 Mai
Aujourd’hui, à 18:30
Le Monte-en-l'air, à Paris

mardi 26 mai 2015

Peu importe qui gouverne, la banque ne perd jamais


Une des choses que j'ai le plus de mal à me mettre dans le crâne



Pourquoi j’aime autant les putains ?
Je suis lié à elles par je ne sais quelle émotion sacrée, divine...Ou un lien ..."névrotique". Dans la vie, ou j'ai envie de pleurer, ou je m'ennuie, et les putes sont la seule alternative possible que j'ai trouvé à ce mouvement de balancier...


Poèmes ébouillantés

Hivers printemps étés automnes
saisons de tous ces jours d’antan
passé des choses qui grisonnent
leurs rumeurs en moi se chiffonnent
les temps s’en vont passent les temps
hivers printemps étés automnes
nous n’aurons vécu qu’un instant.


Louis Calaferte
CAR IL FAUT ENCORE
QUE LES YEUX SE PORTENT
SUR LA BELLE CARROSSERIE DU DÉSESPOIR


Jean-Pierre Georges


Lexos et Manu Chao

En écoutant Manu Chao, je me gave de lexomils comme de bonbons depuis cette aprem' ; même là, je suis blasé...Chienne de vie...


Les dingues et les paumés


Sodomies abusives

Je me suis fait tellement enculer dans la vie, que je ne serai pas étonné de développer un cancer de l'anus.

Je finis tout doucement un recueil de pensées (sybaritisme teinté de nihilisme ; déréliction et désabusement sont au programme). Le titre : Romance à Durango - parce que ça ne parle pas de romance, ni de Durango.


"Rien n'est plus insondable que la superficialité de la femme"

Karl Kraus

Une vie suffit à ma plainte


La vie familiale est une ingérence de névroses dans sa zone de confort névrotique.

Pour celui qui a soif de désillusions, la vie est très désaltérante.

"Si vous n'aimez pas la mer, si vous n'aimez pas la montagne, si vous n'aimez pas la ville... allez vous faire foutre"

Belmondo dans "A bout de souffle" de Jean Luc Godard

À la longue
on apprend à vivre
de peu
et à tenir
dans ce long combat sans adversaire
sur qui s’appuyer.

Antoine Emaz

"Trois histoires de ma jeunesse" de Despléchin. Du cinéma bourgeois, faussement élégant et profondément ennuyeux, joué par des minets parisiens...Une bluette maniérée. J'ai tenu une heure et j'ai quitté la salle...Pas pour moi.
En tant que républicain, je me sens offensé qu'un parti, de droite ultra libérale qui plus est, régenté par un beauf bling bling qui fut le président des riches, et le plus indigne et le plus vulgaire que ce pays ait compté, puisse s'arroger le droit de porter un tel nom.
Ne pas voter en 2017 serait un crime me dit X. Eh bien tan-pis, je ne me considère pas comme un criminel lui dis-je avant de raccrocher et de rayer son numéro de mon répertoire. J'ai perdu quasi la totalité de mes amis pour des raisons politiques, tout en me fichant de la politique; étrange.

lundi 25 mai 2015

" Ne va pas te figurer que je me considère comme parfait, ni que je m’imagine sans reproche quand tant de personnes parlent de mon caractère impossible. Il m’arrive souvent d’être mélancolique, susceptible et intraitable ; de soupirer après de la sympathie comme si j’avais faim et soif ; de me montrer indifférent et méchant lorsqu’on me refuse cette sympathie, et même de verser parfois de l’huile sur le feu. Je n’aime pas beaucoup la compagnie des autres, il m’est souvent pénible ou insupportable de les fréquenter ou de bavarder avec des gens. Mais connais-tu l’origine de tout cela, du moins en grande partie ? Tout simplement ma nervosité ; je suis extrêmement sensible, autant au physique qu’au moral, et cela date de mes années noires. Demande donc au médecin – il comprendra tout de suite de quoi il s’agit – s’il pourrait en être autrement, si les nuits passées dans les rues froides, à la belle étoile, si la peur de ne pas avoir à manger un morceau de pain, si la tension incessante résultant du fait que je n’avais pas de situation, si tous mes ennuis avec les amis et la famille ne sont pas pour trois quarts à l’origine de certains traits de mon caractère, de mes sautes d’humeur et de mes périodes de dépression. "

Vincent à Théo
Lorsque toutes les pensées se sont abîmées dans le sang, de philosophe, on se retrouve avocat du cœur.

Cioran

Nescafé

Devant ma tasse de Nes, les yeux collés par le sommeil, impossible de mettre la main sur un morceau de sucre. Je prends ma tête dans les mains, je respire mal, j'étouffe. Je cherche un moyen de ne plus avoir le sentiment de vivre en esclave.

*

Devant mon Nes refroidi, ayant réussi à trouver un morceau de sucre, je l'observe. Il me fait penser à une brique sortie de son mur. Je sais que je ne trouverai jamais le moyen. Le lieu et la formule. Comme le chantait Waters, je ne suis qu'une brique dans le mur. Fêlée.




Je suis en train d'écrire une nouvelle, dans le déroulement de laquelle j'évoque quelques souvenirs de ma vie dans le cinéma, notamment mes rencontres avec Jean Luc Godard, Marie Trintignant et Solveig Dommartin...Mais pour l'instant, je n'arrive pas à agencer le tout, à lui donner vie et souffle...bref, à chaque texte, il faut se jeter dans le vide, tout réapprendre..l'écriture ne peut être un savoir faire, mais un saut dans le vide, son propre vide ; ensuite le talent, c'est de récrire cent fois son texte, cent fois combler les résidus et les rinçures.

Faire du cinéma, c'est 2% de création et 98 % de prostitution.

 Orson Welles

Ô mes amis, je suis resté l'enfant qui pleure sa souris morte...Certes je fais semblant d'être un homme : je fume, je bois, je rechigne au travail, je travaille sans rechigner, je passe le temps en ne sautant aucune étape, surtout pas les stations de l'ennui, mais comme je suis loin des années soixante dix, dans la garrigue de jadis, de la vieille télé en noir et blanc avec seulement trois chaînes, des vinyles, et de la jupe de Sophie. Mes larmes sont celles d'un beauf, sur le canapé, avachi devant Roland Garros - ontologiquement à bout de souffle.

dimanche 24 mai 2015

Bob Dylan a 74 ans

Bob Dylan a 74 ans aujourd'hui, le même âge que ma mère. Je souhaite à mon idole (depuis mon enfance dans les seventies) un très heureux anniversaire...Et partage avec vous, lecteurs de ce blog, ce morceau "I shall be released" qu'il joue avec The band...


samedi 23 mai 2015

La philosophie

La philosophie triomphe aisément des maux passés et des maux à venir. Mais les maux présents triomphent d'elle.

La Rochefoucauld - Maximes

mardi 19 mai 2015

lundi 18 mai 2015

Je suis le cerf aux abois
cerne par la soif de toi
je ne puis avancer
qu'en buvant mes larmes

Psaumes, 41, 1-4
Se hâter sans fin vers de nouveaux rêves ou les mettre sous le boisseau, qu'est-ce qui rend le plus heureux ? Ne pas se hâter tout d'abord, la hâte n'est jamais bonne conseillère et ne pas renoncer à ses rêves, ils seront destinés à se réaliser et par la même à mourir, ou à ne pas se réaliser, le risque étant de les voir se travestir en chimères, porteuses d'idées et de sentiments funestes comme la frustration et la tristesse. Mais il me faut rêver, car sans cela, la vie est pire qu'un séjour prolongé à la campagne. La nature est vide, une vie sans rêve aussi. Ce qu'il me faut, c'est arpenter le bitume et vivre parmi les hommes , et toujours, en dépit des circonstances, s'assigner à la tâche qui vous a été attribuée ici bas. La mienne est de rêver de faire, et quand je fais ce pourquoi j'ai rêvé, je suis en vie. Peu importe que je réussisse ou que j'échoue, je ne puis - j'ai essayé une fois, ce furent de dures années d'amertume - me détourner des rêves que Le Christ a fait surgir en moi, car nous sommes tous élus pour quelque chose, et les dieux font payer cher celui qui se détourne par rébellion, lâcheté, découragement de sa mission. Nul autre choix que de poursuivre ce pourquoi l'on est fait, car s'en détourner mène à la déréliction, au désœuvrement et à l'abandon du soutien de son âme.

De la jalousie (Shopenhauer et Sénèque)

C'est pourquoi il en jalousera plus d'un pour une situation et des conditions qui sont pourtant uniquement adaptées au caractère de celui-ci, et non au sien, et dans lesquelles il se sentirait malheureux, qu'il serait même probablement incapable de supporter (...) ainsi chaque homme ne se sent bien que dans l'atmosphère appropriée pour lui.

Shopenhauer

Tu ne seras jamais heureux tant que tu seras torturé par un plus heureux (numquam felix eris, dum te torquebit felicior).

Sénèque

Oh! l’horrible rire de l’or.


Georg Trakl
J'aime bien Guy Marchand. 
Sa présence à l'écran me rassure, un peu comme Victor Lanoux, Lino Ventura, Michel Piccoli, la paella du dimanche chez Arturo ou rouler en décapotable sur une route de campagne bordée de peupliers en été, les cheveux au vent, avec sa femme, sa belle sœur et leurs amies pendant que Kris Kristofferson chante dans le poste "Help me make it through the night".


dimanche 17 mai 2015

Dans la décapotable, sur la route bordée de peupliers, avec ma femme, ma belle soeur et deux amies, bref, que des gonzesses, et moi au volant, le vent dans les cheveux, et Johnny Cash et June Carter qui chantent dans le poste " Far side banks of Jordan"...La vie offre parfois quelques bonnes séquences. Mais il n'empêche que quitter ce mauvais film demeure une option de plus en plus réconfortante. Car la vie, faut se la fader, cette salope, ou à tout le moins, ce que la société des hommes en a fait. Beaucoup de larmes et d'ennui l'emportent sur les martini rosso pris au soleil et des filles qui chantent dans une décapotable ; oui, les salauds qui ne sont jamais tristes attendent toujours au tournant de vous mettre la main au collet, les connards !
Les gardes chiourmes de l'existence contre les évadés de la vie

samedi 16 mai 2015

"Ne te trouble pas quand l'agressivité fait rage en toi et voudrait exploser en paroles pleines d'amertume. Dis lui de se taire et de mourir. Sinon, habituée à te voir docile, à monter librement à tes lèvres, elle dominera sur toi. Comme une eau retenue par une digue de terre et qui trouve une fissure, l'élargit de plus en plus et s'y engouffre, si on ne consolide pas la digue ou si on la consolide insuffisamment ; et, s'acharnant en efforts répétés alors que la digue s'affaiblit de plus en plus, jaillit finalement avec une violence croissante jusqu'à ce qu'il devienne très difficile, voire impossible de l'arrêter, ainsi en va-t-il de l'agressivité cachée dans le cœur de l'homme. Si on la laisse percer une fois, deux fois, trois fois elle jaillira de plus en plus violemment, et pourra finalement rompre ou submerger la digue. Sache qu'il y a dans l'âme des eaux mauvaises, comme l'a dit le Psalmiste : "Les eaux me sont entrées jusqu'à l'âme."
Jean de Cronstadt, Saint orthodoxe (1829-1908) qui fut un pauvre prêtre dans la banlieue portuaire de Saint Pétersbourg (Cronstadt).

SARA

Serai-je condamnée par une maladie, qu'il faudrait encore que je te console de ma perte, me dit ma femme qui me trouve pot de colle. Je ne peux pas me passer d'elle, c'est un fait. Déçu par les hommes, elle est la seule à trouver grâce à mes yeux. Comme l'a dit je ne sais plus qui, il n'existe rien de plus rare et donc sacré, qu'une personne avec laquelle on puisse passer plus d'une journée. Ma femme, Sara, est cette personne. Grâce à elle, le monde n' a plus de prise sur moi. Disparaitrait-elle qu'il m'engloutirait à la vitesse des eaux qui firent sombrer l'insubmersible Titanic.


Ne pas juger me semble être l'une des choses les plus difficiles au monde. La question que l'on peut se poser réside dans l'utilité ontologique du jugement. Mais peut-on échapper au jugement, et pourquoi ne pas juger ? Le Christ disait qu'il fallait se préoccuper de la poutre qui était dans son œil avant de considérer la paille dans celui de son voisin. Pourquoi cette injonction de ne point juger ? Est-ce une faute morale ? Une action impure, un mauvais point pour son karma. Un bodhisattva ou un Sanyassin ne sont-ils jamais dans le jugement ? Pourtant Jésus a jugé, et ne le fera-t-il pas pour nous tous à l'heure du jugement dernier. Seul dieu aurait ce droit ?
"Il y a des temps où l'on ne doit dépenser le mépris qu'avec économie, à cause du grand nombre de nécessiteux" écrivait Chateaubriand.
Je méprise tellement de gens, que je me vois obligé pour ma santé mentale d'appliquer ce précepte précautionneux car il n'y rien qui ne me tienne plus à cœur que ma santé, or l'aigreur et le ressentiment l'altèrent. Le mieux est encore d'éviter les hommes et les femmes, mais la nature est ainsi faite que l'on se lasse de sa propre compagnie, et que l'on a besoin d'aller se frotter au genre humain, comme ces porcs-épics qui pour avoir moins froid s'agglutinent en se frottant les uns aux autres, et par là-même se blessent. Il n'y a de salut nulle part, pas plus dans la solitude que dans le commerce avec les hommes, pas plus à la campagne que dans les villes, pas plus dans le labeur que dans l'oisiveté. Pour citer Pomponius, je fais partie de ceux qui se sont tellement enfoncés dans les ténèbres, que je prends pour du trouble tout ce qui se passe au grand jour.

jeudi 14 mai 2015

To Mark SaFranko

"Don't sing love songs; you'll wake my mother
She's sleeping here, right by my side
And in her right hand, a silver dagger
She says that I can't be your bride.

All men are false, says my mother
They'll tell you wicked, lovin' lies
The very next evening, they'll court another
Leave you alone to pine and sigh".
 

Billie and me

Je me demande si Bilie Holliday aurait pu, si elle m'avait rencontré et que je l'avais baratinée comme je sais si bien le faire, tomber amoureuse de moi, ou si je l'aurais laissée totalement indifférente, ou, envisageons le pire, profondément déplu, le fait est que je me pose cette question en écoutant "My man". Ma poésie, mon hypocondrie, ma fainéantise, mes enthousiasmes maniaco depressifs, mes fragilités de chochotte devant la dureté de la vie, mon côté mal en campagne et en mal en ville, heureux sous le ciel bleu uniquement et en espadrilles, s'en serait-elle accommodé, ou n'aimait-elle que les durs,les tough guys, et surtout, aurais-je de mon côté pu traverser les flammes (walk through fire) avec elle, sachant que je n'aime que les filles qui portent des lunettes et sont plongées toute la journée dans quelque traité incompréhensible de philosophie ou dans la sagesse des anciens, les gréco romains ! Mystère, mais sache LADY DAY, que je te bénie entre toutes les femmes et que t a voix accompagne avec succès ma vie de raté, dans laquelle, je puis te l'affirmer, juré promis si je mens je vais en enfer, il y a parfois, au détour du chemin, des murs de flammes.


Du genre "Brooksie"

Si je devais m'inscrire sur un site de rencontres, je préciserai : cherche femme démodée, contemporaine d'époques révolues, aimant fumer, faire l'amour et écouter Billie, avec, il va de soi, une prédisposition au mécénat, pour entretenir le faignant geignard que je suis, avec toutefois cette précision utile : je suis en bonne voie d'amélioration grâce à Sénèque, Bouddha et consorts....et la trompette de Chet !


Ne te juge heureux que le jour où toutes tes joies naîtront de toi. 

Sénèque
C'est se tromper que de croire qu'il n'y ait que les violentes passions comme l'ambition et l'amour, qui puissent triompher des autres. La paresse, toute languissante qu'elle est, ne laisse pas d'en être souvent la maîtresse ; elle usurpe sur tous les desseins et toutes les actions de la vie ; elle y détruit et y consume  insensiblement  les passions et les vertus.

La Rochefoucauld - Maximes
L'art vole autour de la vérité, mais avec la volonté bien arrêtée de ne pas se brûler.
 


Franz Kafka
Avoir en permanence 
en tête l'idée 
d'impermanence

Sur le trolley spleenétique

Le nouveau numéro de l'excellente revue "Le cafard hérétique" est sorti. sous le titre "Sur le trolley spleenétique", vous trouverez quelques textes en prose de votre serviteur, l'auteur mélancolo sybarite, en bonne compagnie, puisque tenez-vous bien, l'excellent écrivain américain Mark SaFranko fait partie aussi de l'aventure de ce numéro dans lequel est publié une nouvelle inédite !

Pour toute commande de numéro :
Revue de littérature dirigée par Mike Kasprzak : du lourd, du dérangeant, du vif, de l’incisif. De l’hérétique !
http://www.lecafardheretique.fr/
http://www.lecafardheretique.fr/les-numeros/numero-6/



mercredi 13 mai 2015

Où sont mes racines, Sautet ou Melville ?

Rétrospective Melville dans mon cher MK2 que j'adore (juste à côté de chez moi) :
Hier, L'armée des ombres, aujourd'hui Le doulos, demain Le cercle rouge, après-demain, Un flic. Comme je suis HEU-REUX ! de pouvoir visionner sur grand écran de tels films. Quel cinéaste ! Combien me manquent des réalisateurs de cette trempe avec Sautet, Malle ou Pialat.