samedi 16 mai 2015

Ne pas juger me semble être l'une des choses les plus difficiles au monde. La question que l'on peut se poser réside dans l'utilité ontologique du jugement. Mais peut-on échapper au jugement, et pourquoi ne pas juger ? Le Christ disait qu'il fallait se préoccuper de la poutre qui était dans son œil avant de considérer la paille dans celui de son voisin. Pourquoi cette injonction de ne point juger ? Est-ce une faute morale ? Une action impure, un mauvais point pour son karma. Un bodhisattva ou un Sanyassin ne sont-ils jamais dans le jugement ? Pourtant Jésus a jugé, et ne le fera-t-il pas pour nous tous à l'heure du jugement dernier. Seul dieu aurait ce droit ?
"Il y a des temps où l'on ne doit dépenser le mépris qu'avec économie, à cause du grand nombre de nécessiteux" écrivait Chateaubriand.
Je méprise tellement de gens, que je me vois obligé pour ma santé mentale d'appliquer ce précepte précautionneux car il n'y rien qui ne me tienne plus à cœur que ma santé, or l'aigreur et le ressentiment l'altèrent. Le mieux est encore d'éviter les hommes et les femmes, mais la nature est ainsi faite que l'on se lasse de sa propre compagnie, et que l'on a besoin d'aller se frotter au genre humain, comme ces porcs-épics qui pour avoir moins froid s'agglutinent en se frottant les uns aux autres, et par là-même se blessent. Il n'y a de salut nulle part, pas plus dans la solitude que dans le commerce avec les hommes, pas plus à la campagne que dans les villes, pas plus dans le labeur que dans l'oisiveté. Pour citer Pomponius, je fais partie de ceux qui se sont tellement enfoncés dans les ténèbres, que je prends pour du trouble tout ce qui se passe au grand jour.

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