lundi 8 février 2016

Je ne suis bien qu’en vivant avec Natacha : dédommagement de ma naissance. Ce soir, éboulis d’un rock de Lou Reed chantant les filles de Charley. Notes ressuscitées sur l’eau dormante de l’oubli. Les fous me font peur et les poètes m’ennuient. Je ne supporte que la camaraderie de l’usine et une poignée de stoïciens. Pour le reste, les autres, je n’ai que des ratures à offrir. L’hameçon dans la gueule de l’amitié crève les cœurs. Le vin dans les provinces des songes rances endort la besogne des jours dans un quartier d’âme mal famé. Embargo sur tristesse. Demeurer chez soi en noblesse, car le monde est une croix, depuis le terminus de la jeunesse. Désormais, le venin est souverain et le style est dans le chagrin. Devant les cocktails des crucifiés, les longues jambes de cette fille de Russie, le regard cloué à son pubis. Mes veines de quarante années irriguent mal mon nom balafré par les lames de l’existence, cependant que des femmes miche-tonnent dans l’impasse, sœurs de mon ennui. Mon verre annonce la couleur de l'abîme où j’ai laissé bien des scories.
Alors, à quoi bon cette éponge sur le cœur, et, dans ma chambre, le linge sale des océans?

(à paraître en mai 2016 AUX CARNETS DU DESSERT DE LUNE , "Vénus pleure dans un taxi"
F. Sanchez copyright

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