mercredi 10 février 2016

Perdu parmi les femmes

J’attends qu’Héloïse ouvre la porte de son appartement. Elle me prend par la main et me guide sur la pointe des pieds jusque dans sa chambre.
- Et maintenant ? demande-t-elle, c’est quoi le plan ? J’allais m’endormir. Il est près de deux heures du matin.
- Dors…je vais rester là un moment. Je vais te regarder dormir puis je sortirai discrètement, ne te préoccupe de rien.
- T’es vraiment givré. T’as jamais voulu m’embrasser mais tu veux me regarder dormir ?
- C’est ça, tu as tout compris.
Comme si j’étais sensible à la sorcellerie de la lune, enraciné sur ma chaise placée devant le lit d’Héloïse, dans une mobilité taciturne, je l’observe qui s’endort sur le ventre, sans drap, nue, me présentant ses fesses prisonnières d’une culotte noire dentelée, son dos courbe, le yin et le yan tatoués au creux de ses reins, ses cuisses fermes, sa nuque, ses cheveux ondulant sur ses épaules. Je ne peux pas me défaire de la vision de cette vision spectrale sublimée par l’extase lunaire, sa luminosité ensorcelant la pièce, emplissant la chambre de mystère et de sacré. Mon regard erre sur ce corps endormi, nimbé de la clarté pâle du disque d’argent qui flotte au zénith, dotant le corps alangui d’Héloïse d’une émouvante dignité, en dépit de l’impudeur de son abandon involontaire.




Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire