lundi 15 février 2016

We can be heroes

J'écris un nouveau roman "We can be heroes" dans lequel on retrouve le personnage de William du "Sourire des évadés" lorsqu'il avait quinze ans, Frédéric Johansen (esquissé dans le sourire sous forme de fantôme - il traversait ce roman comme un fil rouge, une figure du passé) et le cinéaste Jim Jarmusch, mais aussi Fabrice Canovas, Cédric Latorre, Louis le chapardeur, Steve "The Cure" Pastre, Judith Kleinfinger......................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................c'est l'histoire d'une évasion....

Voici le premier chapitre :

Je présentai mon visage à la fenêtre du dortoir. Il faisait doux et le ciel était dégagé. Je n’ai eu  droit à aucuns autres commentaires de la part de Louis, sous le prétexte qu’il avait promis à Fréderic d’être muet comme une tombe. Notre ancienne amitié, seule, l’autorise à me prévenir. Très bien, dis-je en m’éclipsant de la chambrée, d’un ton qui laisse entendre que j’accueille ces propos avec sérénité. 
Nous nous vêtons à la hâte sans plus d’autre commentaire. Après une toilette sommaire, nous quittons le dortoir en silence pour rejoindre la cour ensoleillé. La plupart des copains sont déjà là, se tenant regroupés près du pilier attenant au préau. Nous serrons quelques mains.
 Cédric Latorre, est en train de retracer le récit de ses aventures du week-end avec Julie Charon. Il a presque failli la convaincre de l’embrasser déclare-t-il avec feu. Les copains sont suspendus à ses lèvres car pour avoir tous vu Julie danser sur Relax don’t do it, il est établi que quiconque parviendrait à embrasser les lèvres de cette tentatrice maléfique relèverait le défi de l’année. Cédric explique avoir employé toutes les ruses en son pouvoir pour obtenir les faveurs de cette fille de feu. Elle allait enfin lui céder quand la mère de l’intéressée a poussé inopinément la porte de la chambre. Oh punaise ! s’exclame Kiko.  On est tous consterné par le coup que lui a infligé le sort, alors même qu’il touchait au but. Il s’en est fallu de peu que cette journée soit marquée d’une pierre blanche.
J’appose ma main sur son épaule en geste de compassion. C’est à cet instant que je     vois se profiler dans le dos de Cédric, la silhouette de Frédéric Johanssen, qui se détache sous le ciel bleu. Le seul ami que la vie me donnait d’avoir. Le seul qui comptât autant qu’un amour.


*
Je connais Frédéric Johansen depuis que nous avons sept ans. Nous en avons quinze aujourd’hui. Parfois, comme ce matin, le simple fait de le voir arriver dans la cour suffit à me mettre de bonne humeur. Mon esprit file au-devant de lui, et je savoure déjà, dans un élan d’excitation et de crainte mêlés, ce qui va suivre.
Il convoquera la foudre de sa parole ensorceleuse. Je constate que l’air qu’il affiche est empreint de gravité, mais pas de celle qu’on attribue aux mauvais jours. Un faible sourire, qu’il devait tenter de réprimer, s’esquisse à la commissure de ses lèvres. Ce qu’il pouvait nous dire au gré de ses récits (qui étaient chez lui comme une seconde nature, ou peut-être même la seule et unique derrière laquelle il s’effaçait pour demeurer un mystère), pouvait orienter le cours d’une journée. Influer sur les heures à venir. Mais peut-être pressentait-il à cette occasion, qu’il engagerait nos cœurs adolescents dans son sillage. Probablement en mesurait-il déjà le poids, prenait-il toute la mesure de ce qu’il allait annoncer.
Si tel était le cas, il était dans le vrai. Car il allait nous précipiter au-devant d’évènements qui marqueraient nos existences à jamais.





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