jeudi 21 juillet 2016

Mon nouveau livre chez Gibert

Mon nouveau livre "Jours de gloire" (éditions Al Manar) en bonne place chez Gibert Joseph à Saint-Michel, Paris.
Merci à l'ami poète Tom pour cette photo.


Sisyphe & Icare

Laissons Sisyphe à ses rochers imaginaires.
Il faut être Icare heureux.



André Comte-Sponville- Du corps - Puf

I'm set free

"I'm Set Free"

I've been set free and I've been bound
To the memories of yesterday's clouds
I've been set free and I've been bound
And now I'm set free
I'm set free
I'm set free to find a new illusion
I've been blinded but
Now I can see
What in the world has happened to me
The prince of stories who walk right by me
And now I'm set free
I'm set free
I'm set free to find a new illusion
I've been set free and I've been bound
Let me tell you people
what I found
I saw my head laughing
rolling on the ground
And now I'm set free
I'm set free
I'm set free to find a new illusion


The velvet underground

Jesus

Jesus, help me find my proper place
Jesus, help me find my proper place
Help me in my weakness
Cause I'm falling out of grace
Jesus
Jesus

 

Thanks Lord

Ressuscité, redevenu sudiste. Thanks my lord.


Photo David Bouchacourt de Puytorac.

mardi 19 juillet 2016

Quand on a longtemps vécu, combien il coûte parfois davantage de se supporter soi-même, tandis que l'on se connaît jour après jour de façon plus profonde et plus vraie !

Abbé Pierre - Confessions
Je m'installe définitivement dans le sud , à Montpellier, ma ville natale, après vingt d'exil parisien.


lundi 18 juillet 2016

La vie est trop coutre pour se payer de mots. Et trop difficile pourtant pour s'en passer.


André Comte-Sponville

samedi 16 juillet 2016

Pensée de ce dimanche



Je n'ai qu'un Dieu, secret, mystérieux, intime, celui vers lequel je me tourne dans les temps de joie et d’affliction, et qui ne peut être réduit aux proportions mesquines d’une exactitude, défini par des prosélytes. J’aime aussi peu commander qu’obéir. En somme, je suis mal engagé sur le chemin de la vie. Mais même Dieu ne s’en est pas mieux sorti que moi quand il est venu sur terre. Il faut refuser ce monde, et néanmoins, y trouver sa place. Attitude schizophrénique, qui oscille sur la ligne de feu qui départage l’appétit pour l’existence et la lassitude de vivre. 

F.Sanchez copyright
L'aquoibonisme de l'Ecclésiaste est ce qui me réunifie. Après le rock'n'roll, les névroses obsessionnelles, les dures années de labeur, l'amertume des rêves écrabouillés, le blues du précariat, l'évanouissement de la force. Je ne réussis plus à penser le pire. Je suis devenu l’adversaire de tout ce qui ne me traverse pas avec volupté. 

F. Sanchez copyright

Pedro Juan Gutierez : une découverte

Je recommande chaudement "L'insatiable homme-araignée" de l'auteur cubain Pedro Juan Gutierez, un frère en humanité de Bukowski. Histoires simples portées par un souffle, chutes étincelantes, une grande maitrise de l'art de la nouvelle, du rythme. La Havane de la crasse, des pauvres gens, de la chaleur implacable et des rêves anéantis, le Cuba des caniveaux et de la misère, de la solitude, de la folie et du désespoir. Un auteur dont je vais m'empresser de dévorer tous les livres, à commencer par sa "Trilogie sale de la Havane". Je vous le recommande ; à lire urgemment. On le trouve en format poche chez 10/18.



C'est sur cette masse immémoriale, sur le chaos sans fin et informe de ce qui se perd qu'Iblis, l'ange qui n'a d'yeux que pour l’œuvre de la création, ne cesse de verser ses larmes. S'il pleure, c'est qu'il ignore que ce qui se perd appartient à Dieu, et que, quand toutes les œuvres seront oubliées et que tous les signes et tous les mots seront devenus illisibles, l’œuvre du salut restera, seule, ineffaçable.

Georgio Agamben – Nudités

jeudi 14 juillet 2016

Manderley

La lune dans le caniveau. Allongé sur mon lit, les bras croisés derrière la nuque,  je parcourais sur le mur de ma chambre l’affiche grandeur nature que mon oncle qui travaillait dans un cinéma  m’avait offert.  Je n’avais pas vu ce film, je n’en connaissais pas même l’intrigue et le nom de Jean-Jacques Beinex qui en était l’auteur m’était parfaitement inconnu. Je passai néanmoins de longs instants à laisser courir mon imagination, le regard fixé dans les détails de cette structure de papier au titre énigmatique.  
Je repensais, tout en promenant mon regard sur l’affiche, au « briefing » de ma sœur - ainsi avait-elle nommé notre petite séance du matin - quant aux circonstances dans lesquelles elle voulait que se déroulât sa boum du soir, ledit brief portant plus expressément sur l’attitude qu’elle attendait que j’adopte. Nos parents en villégiature chez des amis pour le week-end, elle jouissait enfin d’une totale liberté dont j’étais suspecté, à quelques heures de son point culminant, de pouvoir entraver le cours. Aussi était-t-elle venue me trouver dans la cuisine et s’était-elle plantée sans un bonjour ni un sourire, devant mon bol de corn flakes, me dominant de toute sa hauteur, maquillée comme une voiture volée - suite à des essais dignes d’un show-room en prévision de la soirée - pour me faire jurer de me tenir à carreau le soir même.
Le grand, le tant attendu soir.                                                                  
« Ta chambre est grande,  tu n’en sors pas !  Est-ce que j’ai ta parole d’homme ou comptes-tu te comporter en sale gosse toute ta chienne de vie ?                                                    
- Hmm…
-  C’est pas une réponse ça...Je veux une réponse !
Je levai les yeux sur elle. Elle me fixait avec intensité, suspendu à mes lèvres.
- A une condition.
- Le contraire m’aurait étonné….Vas-y, crache !
- Tu me donnes ton Première.
- Quel sale petit morveux tu fais !
Il y avait dans le précieux magasine, propriété indivisible de ma sœur, une photo d’Isabelle Adjani extraite de L’été meurtrier,  ainsi qu’une affichette du Prix du danger avec Gérard Lanvin que je brûlais de découper  et d’afficher au mur de ma chambre. Voici près de trois mois que je la tançais afin qu’elle me le cédât.  « D’accord,  dit-elle à ma grande surprise, mais je te le répète, ce soir, tous mes amis seront là, il y aura de la musique, très fort, de l’alcool et des cigarettes…Donc...
 -Et Marc Beaucourt, je sais !
- Donc,  disais-je, TU NE DIRAS RIEN AUX PARENTS, pas un mot. J’ai ta parole ?
- Et moi, la tienne pour Première ?
- Oui.
- Prouve-le.”
Ma sœur est revenue sans se faire prier, munie de la relique sacrée. “Si tu me trahis, tu sais ce qui va t’arriver ? ” dit-elle en me jetant le magazine au visage, fort désobligeamment quand on savait le soin extrême qu’elle apportait d'ordinaire à ses affaires.
“Je ne trahirai pas” dis-je.
“Vaut mieux pour toi !
- Tu ne me fais pas confiance ?
- Ai-je le choix ?”
Comme elle tournait les talons, je lui demandai ce qui me serait arrivé de toutes les façons.  Simple curiosité, précisai-je… 
 Mieux vaut pour toi ne pas le savoir.


(extrait de la nouvelle "Manderley" du recueil "Jours de gloire" de Fabien Sanchez  qui sort chez AL MANAR ce 21 juillet)
Le soir, aux actualités de dix-neuf heures, la présentatrice du journal annonça la mort du jeune Ettore. William l’apprit à sa sœur qui fumait une cigarette dans sa chambre en écoutant un disque de Supertramp. Quand elle le vit entrer, elle tourna vers lui un visage suspendu à ses lèvres. Ça va, j’ai compris dit-elle avant même qu’il ait eu le temps de dire quoi que ce fut. Elle écrasa sa cigarette d’un geste vigoureux, prit soudainement son visage dans ses mains. Lorsque William s’approcha d’elle, ne sachant trop que faire, elle se jeta brusquement dans ses bras et le serra contre elle. Il sentait pour la première fois depuis longtemps l’odeur douce de la peau de sa sœur. Une odeur d’amande qui devait venir de la crème de jour qu’elle se mettait chaque matin.


(extrait de la nouvelle "1980" du recueil de Fabien Sanchez "Jours de gloire" aux éditions Al Manar - sortie le 21 juillet)

Play it again


Un jour que je me tenais au fond du bar, déjeunant avec un ami d’un couscous arrosé de Sidi Brahim, Noureddine vint s’inviter à notre table pour prendre le café. « Tu te rappelles que tu m’as dit que tu aimais Susan Sarandon ? lança-t-il à brûle-pourpoint.
- Oui, c’est une grande actrice… et un vieux béguin de jeunesse, admis-je un peu surpris devant mon convive qui souriait (soulignant dans un trait d’humour que je lui avais caché ça). Comme je demandais à Noureddine ce que Madame Sarandon venait faire dans notre conversation, il envoya la fumée de sa cigarette au plafond d’un air satisfait.
- Mon jeune ami, j’ai une surprise pour toi. T’es libre demain aux alentours de quatorze heures ?
*
« Oui parfaitement… Susan Sarandon, dis-je à ma sœur au téléphone. Il va me la présenter. Il l’interviewe demain dans un resto de Belleville.
- C’est bizarre…Tu ne trouves pas ?
- Pourquoi ?
- Ce genre d’actrices, quand elles font des interviews, c’est sous forme de conférence, pour toute la presse. Tu ne trouves pas douteux qu’elle accorde une exclusivité pareille à un pseudo journaleux kabyle de … quel journal déjà ?
- El Watan. Ecoute, la vie réserve son lot de surprises.
- Oui, et pas que des bonnes. »
Je m’installai dans mon lit, réfléchissant à la tenue que je pourrais porter pour un tel rendez-vous quand le téléphone a sonné. Je racontai la même histoire à une amie actrice qui s’enquérait d’une figuration que je pourrais lui proposer car elle courait fiévreusement le cachet. Elle se proposa de m’accompagner. Comme elle mourait de faim et de désespoir, j’eus envie d’accepter, mais lui opposai une fin de non-recevoir car je ne voulais pas forcer la main de Noureddine.
« Je pense que c’est une faveur qu’il me fait, parce qu’un soir de cuite je lui ai dit tout le bien que je pensais de Susan Sarandon. Je ne veux pas le mettre mal à l’aise.
- Tu ne penses pas qu’il te mène en bateau ?
- Mais pourquoi pensez-vous toutes à mal ? Quel intérêt aurait-il à le faire ? Qu’y gagnerait-il ?
- Tu as raison, mais c’est bizarre. Elle sort un film ?
- Je n’en sais rien.
- Mouais… Bizarre, tout de même.
Je ne voyais pas ce qu’il y avait de bizarre. Et m’endormis aussi ému qu’une midinette à l’idée que, le lendemain, j’allais déjeuner avec l’actrice des films américains de Louis Malle. Sans oublier Thelma et Louise. Qu’à cela ne tienne, Noureddine, Susan, je suis votre homme.


(extrait de la nouvelle "Play it again" du recueil "Jours de gloire" de Fabien Sanchez qui sort le 21 juillet chez AL MANAR)
Je suis un homme du loisir, par écho, opposition ou prolongement scarifié de ce que je fus enfant : un fils de la mélancolie, brisé par le réel, venant juste de quitter le ciel des idées en empruntant la route, où étaient abolis l’ennui et le temps.
Paresseux mystique qui cherche son axiome dans le non agir, le non être, et la possession providentielle de quelques femmes, pour déloger Eros de leur âme et se consoler d’une chute sur terre qui, de blessure de vivre, devient infection mortelle. La peinture de mon chaos n’a plus assez de couleurs. Je reste ce dilettante défaitiste, qui réfugie dans la sieste, la Noria de ses rêves abîmés, les épines du monde, la lice des erreurs - l’extase farouche d’une inutile existence.

Fabien Sanchez

Sortie de "Jours de gloire", mon nouveau livre.

Mon nouveau livre sort ce 21 Juillet 2016. 
Il s'intitule "Jours de gloire". 
Il s'agit d'un recueil de six nouvelles écrites entre 2007 et 2015. 
Il est publié par les excellentes éditions Al Manar. 
Je remercie ici leur éditeur Don Alain Gorius d'avoir voulu publier ce recueil.
J'espère, amie lectrice, ami lecteur, que ce livre saura trouver son chemin vers toi pour te plaire.
La photo de couverture est signée de l'artiste peintre et ami Jean-Michel Marchetti.

 


La croix n'opprime pas: son poids fait vaciller, 
mais sa puissance élève.

Padre Pio de Pietrelcina
Lors, joie, sois l’élue
Lors, Diable retourne en chimère
Et toi mon angoisse
Disparais dans la terre
Comme eau de pluie
Et laisse à ce cœur le précieux répit
Et toi mon adorée paysanne
Donne à manger à l’homme
Qui de trop près a vu son enfance
Qu’à présent il fuit
Et à boire aussi
L’eau des rivières
Afin que pour quelques heures
Je repose parmi les Lys
Car j’ai pu sucer aux mamelles de la vie
Sans frère pour me faire ombrage
Louanges soient rendues au Père
Qui chaque jour rend moins amère
Mon incurie.



fabien sanchez
Je salue tous les siècles
Desquels jamais
Les étoiles ne s’évadent.
Je crois sur terre aux séjours des Dieux
J’y crois quand je promène un cœur
Musical parmi ce cimetière
Ou j’allais déjà enfant
Pour son refrain de mystère.
J’aime la vie sauvée
Aux bas-côtés des enfers
Et pourtant je blasphème
A chaque disparition du soleil
Car il m’est arrivé de perdre
L’Amour des femmes.

Il n'est pas de meilleur combustible que la maladie pour consumer le mauvais karma. Ne considérez pas celle-ci avec tristesse ou hostilité. Voyez en elle le signe que votre mauvais karma est en train de décroître, et réjouissez-vous en.

Jigme Lingpa