vendredi 30 septembre 2016

Vive les putes, les suicidaires, les schizophrènes, les poètes, les atrabilaires, les maniaco dépressifs, les paranoïaques, les dingues et les paumés ; ils , elles, sont ma vraie famille, jamais sorti(e)s de l'enfance défigurée, l'enfance qui se faisait cracher à la gueule, l'enfance bafouée, martyrisée, qui sut donner aux âmes damnées la valeur cachée dans le cœur des suicidés.
J'ai trop aimé une femme sensible et suicidaire pour m'accommoder de cette vendeuse de fruits et légumes fraiche comme le printemps. Je me sens comme Maurice Ronnet dans "Le feu follet" ; le mal est au coeur de ma volonté. Reste le bleu du ciel, vide du rire de mes enfants ; et cette croix du Christ sur la place du marché devant laquelle je me signe ; car je suis à ma façon un martyr. J'ai vécu mille morts pour écrire des livres ; et c'est ce gout de mort que je retrouve dans ceux des autres, mais aussi chez les femmes que je croise, chez les enfants qui marchent dans les rues de spleen ville ; la mort le matin, la mort l'après midi ; et la nuit, soudain, les étoiles qui disent la vie.
La dépression et l'hypocondrie comme horizons indépassables de l'obstination à vivre ; en attendant de bousiller ma prochaine victime ; une femme amoureuse de mon âme de poète ; puisse Dieu la mettre en garde ; je n'ai aimé que mon enfance ; ma vie adulte est mon Abyssinie.
Je n'ai jamais été aussi seul de toute ma vie...C' EST QUAND ON EST DANS LA MERDE que la solitude se vérifie ; oui, je vérifie QUE JE SUIS SEUL, sans femme, sans enfant, avec mes seuls petits livres pour compagnons d'infortune : mes lettres au monde qui ne m'écrit plus, et qui parlent de l'amour que je n'ai jamais vécu. Ah le malheur d'avoir été un jeune homme prometteur, un homme à femmes, et de se retrouver dans la peau d'un dépressif exilé à la campagne où les oiseaux et les chiens se moquent bien de votre prose élégiaque.

jeudi 29 septembre 2016

Avec moi, c’est le dernier qui parle qui a raison, étant entendu qu’à chaque raison s’oppose une égale raison. Lisant « L’esprit de l’athéisme » d’André Comte-Sponville, je devrais, puisqu’il est le dernier, dans le cadre de cette lecture en cours, à me parler, lui donner raison. Pourtant, je ressens que je ne suis pas d’accord avec lui ! Aussi brillant qu’il puisse être, ce philosophe ennuyeux ne me convainc guère. Je reconnais qu’il y a une spiritualité sans Dieu, mais j’éprouve Dieu au-dedans de moi, au-delà du spirituel. Ainsi, il semblerait que rien ne puisse l’ôter de mon cœur. Le monde m’a trop vaincu et j’ai trop peur de la mort pour qu’il puisse en être autrement. Je suis néanmoins d’accord avec Comte-Sponville lorsqu’il écrit ceci qui me touche de près et sera la conclusion de ce livre :
« La question de savoir si ce Royaume continue ou pas après la mort, outre qu’aucun savoir n’y répond, devient dès lors quelque peu dérisoire ou anecdotique. Elle n’a d’importance, dirais-je volontiers, qu’à proportion de l’intérêt narcissique que nous nous prêtons à nous-mêmes – au point que je mesurerais volontiers le degré d’élévation spirituelle d’un individu à l’indifférence plus ou moins grande où sa propre immortalité le laisse. »
Le sourire blessé de Romy Schneider, les gitanes de Michel Piccoli, les longues focales qui s’ouvrent  sur des personnages nimbés de vaporeuses fumées de cigarettes, qui se dessinent à travers des vitres de brasseries conviviales qui fleurent bon l’amitié. En grandissant, le champ de l’amour se rétrécit. Dois-je en conclure que je vis sur mes acquis ? Les films de Claude Sautet, dans ce cas, en font partie.  



mercredi 21 septembre 2016

Penser à son amour de jeunesse, Leslie Sauvagnac, et se souvenir que l'exquisité de ses baisers je ne l'ai retrouvé sur les lèvres d'aucunes femmes. Elle fut mon amour parfait. Elle était belle, m'appelait son "poète égaré" et j'étais son Pygmallion. Enchanteresses années. Aucune femme ne l'a remplacée.  La vie est une sublime farce, pleine de douleurs et d'ironie. Je l'ai connue lorsqu'elle était une jeune fille en fleurs et aujourd'hui, quand je la croise, je me demande où est passée cette délicieuse nymphe brune qui inspirait mes premiers poèmes, quand je pressentais que je deviendrais écrivain. "Ah, comme la vie sait nous humilier" (Maurice Ronnet dans Le feu follet)
Les adolescentes suicidaires et taiseuses, toujours plongées dans un livre me fascinaient à leur âge et continuent d'opérer leur sortilège aujourd'hui. Je n'ai jamais connu de femmes qui puissent les remplacer dans l'absoluité de mes désirs. Les adolescentes, brunes, ténébreuses, qui cogitent trop sont mon horizon indépassable. Oui, avec les femmes, je m'ennuie. Et que dire des mères de mon âge, fières de leur progéniture, avec lesquelles l'ennui confine au supplice.
C'est entendu, je n'ai jamais aimé que mon enfance, soit, pour le reste, on se remplit de dégoût, de vide, d'amertume et on lit les philosophes car il faut bien passer le temps.
J'emmerde la morale. Je ne croyais qu'à la cancritude étant gosse, et je ne trouve de soulagement qu'en faisant l'amour à une jeune fille suicidaire ou dans des conversations avec des dingues. Oui, je ne suis pas normal. Oui, je suis un original, un artiste comme on m’appelle dans le village, oui je suis inadapté, non, je ne peux pas travailler, en tout cas je ne le puis plus. Oui, tout ce qui me reste c'est lire de la philosophie, revoir de vieux Godard ou Claude Sautet et espérer mourir entre les bras d'une fille de dix sept ans. Le reste m'ennuie. A mourir. C'est pourquoi je souffre. MAIS JE RESTE ENTIER. L'ancien amoureux de Leslie Sauvagnac, ce pourrait être mon épitaphe, car c'est la seule chose dont je sois fier. Avoir embrassé, avoir été aimé par la plus adorable des adolescentes qu'il m'ait été donné de rencontrer sur terre; et je me suis un peu baladé sur la planète pour comprendre que oui, j'ai une fois, une fois seulement rencontrer l'éternité ; elle brûle encore dans mon cœur chaste.

jeudi 8 septembre 2016

Le recueil de nouvelles que je suis en train d'achever aura pour titre : "L'éternité des faibles" ; titre extrait de la sublime phrase d'Alain Chany : "Ce n'était pas un homme assis dans l'éternité des faibles". Qu'en pensez-vous ?

Insaisissable

"Pour lui, la sensation avait glissé, une fois de plus insaisissable, comme une couleuvre entre deux cailloux."

Drieu La Rochelle - Le feu follet

Actu !

Chers amis, chères amies, j'ai deux actus : l'une très actuelle : la sortie de mon recueil de nouvelles "Jours de gloire" aux excellentes éditions Al MANAR de Alain Gorius ; longue vie à ce recueil que je vous recommande chaudement. L'autre : je sortirai en novembre en même temps que Chris Christophe Bregaint un recueil de poésie intitulé "Entre le spleen et la mémoire" aux non moins excellentes éditions Les carnets du dessert de lune dirigées par l'ami Jean-louis Maurice Massot et préfacé s'il vous plait par Christophe Bregaint himself ! A bon entendeur salut !

Entre le spleen et la mémoire

Chers amis, cela se précise....Mon nouveau manuscrit à paraître aux Éditions Les carnets du dessert de lune en novembre, vient de changer de titre ; il s’appellera "Entre le spleen et la mémoire" , la photo de couverture a été choisie et Christophe Bregaint a fait une belle préface- quoique trop courte à mon goût, tant on voudrait plus de mots de lui. Bientôt, je posterai un visuel de la couverture. 

Autre nouvelle, il parait que du côté de Bordeaux " Jours de gloire " a tapé dans l’œil d'un libraire qui en a fait son coup de cœur de la rentrée...Savoir prendre toutes ces bonnes nouvelles dans le chaos de mon existence intérieure.