vendredi 17 novembre 2017

Intervale musicale


Paris La Belle

Par tous les saints, comme je me sens bien à Paris...Ce que je préfère, c'est lire et écrire au café, et le soir, en écoutant de la musique, me relire - et même si je constate que je ne suis pas Marcel Proust ou Elias Canetti, je trouve que je ne fais pas de la trop mauvaise ouvrage ; et même que je suis supérieur à certains, mais là n'est pas la question, il n'y a d'ailleurs pas de question - je voulais juste dire , en passant, mon attachement à cette ville, à mon salon, à ma chambre - aux mots des autres (les bons). Il est bel et bien consommé l'exil sudiste, my blue eyed son, my darling young one.
 
 
 
 
Photos signées Brassaï
 
Je ne sais pas pourquoi, mais en dehors des grandes villes que je connais, comme Paris où je vis, mais aussi Barcelone, je déprime et deviens friable. Je suis résolument allergique à la vie de province, ce n'est pas par snobisme, mais par incapacité ontologique de m'y adapter, j'ai ça dans le sang, la province me déprime. Montpellier, si tu savais combien je ne te regrette pas. Montpellier, je te vomis. Paris seule infuse en moi l'appétit de la vie et il n'y a qu'entre ses murs que j'ai rendez-vous avec les Muses.
 
 
 
Photo: Brassaï, 1932

Love Paris

Hier soir, superbe soirée avec mon ami Quentin (Paris by night), un verre rue Faubourg Saint Denis, promenade Boulevard Bonne Nouvelle, repas chez Chartier, puis café en terrasse...C'était magique ; comme Paris est belle. Nous avons devisé de la mort, de Dieu, de la musique que nous aimions, de nos souvenirs de jeunesse lorsque nous étions en collocation dans ce même quartier ; puis retour, en solo, chez moi, par le dernier métro - magique, avec sa faune noctambule - lisant Elias Canetti. Comme j'aime Paris, combien je revis...
 
 

Alejandra, en passant...

Dame toute petite
logée dans le cœur d’un oiseau
elle sort à l’aube et prononce une syllabe
NON

...
*
Reloj
Dama pequeñísima
moradora en el corazón de un pájaro
sale al alba a pronunciar una sílaba
NO



Alejandra Pizarnik

 

mercredi 15 novembre 2017

Photo du Jour.



Doutes et effroi

Aujourd'hui, je suis perclus de doutes quant à l'écriture de mon roman ; mais n'ai-je pas l'habitude ?
Enchainé à ce que Spinoza appelait Les passions tristes.
La lucidité voudrait que j'envois tout par le feu, mes écrits miniaturistes. L'impossibilité aujourd'hui où je suis de me donner pour ce que je suis - de me livrer - sous un autre éclairage - à la répudiation des Muses - car la désinvolture n'est ici point admise - ou, aux données immédiates de la conscience chères à Bergson.
 
Fabien Sanchez copyright 2017
 
 
 
 
 

Pensée du soir...

L'exercice de la vie aboutit toujours en dernière analyse aux petites choses de l'esprit...qui en font des caisses ou du mauvais sang.
 
 

Write and Relax

Sainte-Colombe...Relaxant après l'écriture...Cette ingrate si prisée...et si peu séduite...par ses prétendants.
 
 

Le roman que j'écris...

Le roman que j'écris aura au moins cette qualité que j'apprécie chez les autres, qui est d'être court......Il me reste deux chapitres ; l'un dans un McDo et l'autre dans la sphère des idées et de l'introspection , et hop , après .... Eh bien, l'avenir nous le dira. Mais comme le dit Thierry Marignac dans sa correspondance avec Frédéric Schiffter : Il n'y a plus que les romanciers qui n'écrivent plus........
Et j'ajoute cette phrase que vient de m'écrire Mark SaFranko comme aboutissement de l'écriture : Reward nothing.
Je ne suis pas sorti de l'Auberge...Même accompagné par les Pleurs de Monsieur de Sainte Colombe.
 
 

dimanche 12 novembre 2017

Work in progress


La mélancolie - que j'éprouverai même au paradis - est ce qui signe depuis mon enfance mon appartenance à l'aristocratie de la sensibilité, ou de la sensiblerie. Si toute vie est la perpétuelle leçon de nos échecs : j'aurais appris à être un perdant ; après la jeunesse dionysiaque, où je croyais en ma bonne fortune.
 
Fabien Sanchez - Tristesse Royale - 2017


 

Work in progress

Comment s’appuyer sur soi, quand le monde vous a couché ? Et comment compter sur soi quand on ne sait pas, ou ne sait plus, qui l’on est ? Angoisse de dépersonnalisation ? L’épuisement de la vie en moi, sa forme si subtile et parfois brutale d’abandon ne me font plus aspirer qu’à la position couchée. Mes forces me quittent dans la forme sous laquelle la paresse et le désespoir se caractérisent : une envie de tomber, de m’échouer dans mon lit. Cette déflagration de mon énergie vitale (de mon humanité ?) a un sens plus minable qu’une posture philosophique ne porterait à le croire. L’indolence est la fille de ma tristesse, laquelle est la petite sœur de l’ENNUI.
 
Fabien Sanchez - Tristesse Royale - copyright 2017
 
 
 
 

samedi 11 novembre 2017

Francis Ponge, passe et repasse....

Voit se rétrécir vite l'intérêt du soleil.

Francis Ponge - Quatre satires

 
 

Les larmes de la guerre

Ce morceau, parce-que je n'ai jamais connu la guerre, n'ai jamais été soldat ; et pourtant...J'ai lu "A l'ouest rien de nouveau" de Remarque, et vu nombre de films de guerre. La guerre me hante, me fascine, me fait horreur ; la guerre est le pire que je n'ai pas vécu....










Marianne, Gide et moi...Sous le regard de Dieu.

 
La lecture du Journal d'André Gide et l'écho de la voix cassée, brisée et pleine d'amour et de rage de Marianne Faithfull : sont le lot de ce Jour. Gide et Marianne se marient bien ensemble - je trouve - ; aussi je les réunis une fois de plus ici (devrai-je dire ici-bas ?) : leurs vérités et mes mots mensongers - puisque je suis aussi poète - même si je ne parle pas en Broken English ; au cœur de la nuit qui tombe ; tous trois sommes des hérétiques hallucinés. Loin de l'église - il y a encore le salut - Dieu aime les artistes, car opposés à lui, ou joignant les mains vers le ciel - ils le servent, et comme l'a chanté Bob Dylan : You gotta serve somebody. Alors je vous laisse écouter Marianne et vous livre cette phrase de Gide - puisqu'il fait parti du décor de ce nodule : "L'ainsi soit-il, dés qu'il favorise une carence, est impie."
J'ajoute ceci :
Quel guide peu sûr que le désir...
 
Fabien Sanchez - copyright 2017

Gide, en passant...

Il est certaine façon d'adorer Dieu qui me fait l'effet d'un blasphème. Il est certaine façon de nier Dieu qui rejoint l'adoration.
 
André Gide - Journal 
 
 

Le lundi et le mardi...

La terre devint l'enfer le jour où fut inventé le lundi. Mais il en fallait plus pour démoraliser l'homme : dès le mardi, il inventait le suicide.
 
B.J. Lherbier
 

Villon, en passant...

Rien ne m'est sûr que la chose incertaine.
   
François Villon



vendredi 10 novembre 2017

Gide en musique avec Marianne Faithfull : Words and song.


Richard prise fort en moi cette passivité qui me maintient dans les sentiers de la vertu, où d'autres, pareils à lui, m'ont poussé. Il appelle souvent vertu l'acceptation, parce que cela la permet aux pauvres.

Interlude musical - Marianne Faithfull - Give my love to London

Un peu de musique pour changer /
avec la superbe Marianne /
sa voix est "l'envers sinistre de trop de choses..." - Gide.
 
 

Francis Ponge, en passant...

Hélas, pour comble d'horreur, à l'intérieur de nous-mêmes, le même ordre sordide parle, parce-que nous n'avons pas à notre disposition d'autres mots ni d'autres grands mots (ou phrases, c'est à dire d'autres idées) que ceux qu'un usage journalier dans ce monde grossier depuis l'éternité prostitue.
 
Francis Ponge, Proêmes, les écuries d'Augias
 
 

jeudi 9 novembre 2017

Ecrire - again & again .....................

J'attaque le sixième chapitre de mon roman - l'action se situe au point du jour - dialogue d'adieux entre mon narrateur et la femme d'un soir - inspirée par Jeanne Moreau - avec Paul Simon en fond sonore. Il y a pire dans la vie - en tout cas j'ai connu pire - vive le temps courbé et la liberté vaporeuse - dans une ligne droite créative.
 
Fabien Sanchez copyright 2017
 
 
 
Cette chanson me ferait pleurer si je n'étais pas...si je n'avais pas déjà suffisamment pleuré dans ma vie...

Prigent, en passant...

Pétrarque disait: "Je ne veux pas que mon lecteur comprenne sans effort ce que je n'ai pas sans effort écrit moi-même." Sans doute ne faut-il pas voir dans cet...te phrase une affirmation d'élitisme ésotérique. Bien au contraire: cette phrase nous dit que "poésie" est le nom de la chance donnée à un lecteur, engagé dans la vertigineuse précipitation prosodique ou dans les empâtements de la polysémie, de poser son temps en travers du temps et de prendre momentanément, dans l'épaisseur ralentie du déchiffrement, l'initiative sur le temps.
 
Christian Prigent - A quoi bon encore des poètes - POL
 
Nota Bene :

Le travail de création littéraire de Christian Prigent s'est accompagné d'un travail de réflexion et d'écriture d'essais aussi bien sur la littérature que sur la peinture. L'approche critique de Christian Prigent contribuera à déterminer les avant-gardes littéraires de la fin du XXe siècle en France. Posant, en liaison à une lecture de Jacques Lacan que la littérature est une expérience de la négativité, il réfléchit aux expériences littéraires qui traduisent cette négativité.
En effet, pour lui, la littérature doit s'affronter au réel, or le réel, selon Lacan, c'est là où le langage se brise. La littérature est alors cette expérience de l'impossible : dire le réel, alors qu'il est impossible à saisir. La littérature va être déterminée alors par Christian Prigent comme un lieu d'aporie, de tension qui a pour conséquence des formes littéraires extrêmes, ce que l'on retrouve parfaitement à partir du titre d'un de ses premiers essais : La langue et ses monstres.
 
 

 

Ecrire - encore - et encore -

Les mots qui se donnent à voir comme un collapsus du jour, comme des plantes ruderales, saignent au long des phrases - succintes - évasives - instituant une radicale coupure avec l'évanescence - des choses - Le Jour chasse la parole plébeiene - introduit les coupures au bout des doights - la chasteté - et l'amour - dont voici les notes - sur la rive accore - rejet de l'impassibilité - nécessité d'advenir - courage (il faut fuir) - trouver sa place - loin, si loin - & l'on est proche - élargir la remembrance - taillader les norias de mots équivoques - analogues - aux mots des dieux antiques - ne pas mentir - recueillir le sang du Christ - la pudeur outragée ergote sur le reste - l'infini et l'étonnant désir - de vivre ; égorgé par l'écriture.


F. Sanchez 2017




Ecrire...

Fourbu - l'écriture a saigné aujourd'hui - des mots ombragés - je ne sais pas pourquoi - toujours loin du soleil - Mes muses aiment les recoins sombres - ce n'est pas grave - nous nous aimons - Les phrases sont nos enfants - elles pleurent souvent - instituant une radicale coupure - dans la pertinence - de la déréliction - pour se donner - à voir - comme résurgences ; ...
 
Fabien Sanchez copyright 2017

 

Les mots peinent en musique

Aujourd'hui la ligne est coupée qui va de mon cœur à mon âme. L'écriture se fait laborieuse, mais en bonne compagnie ; que je partage ici.
 
 

mercredi 8 novembre 2017

Marcel Conche, en passant...

«Les philosophies qui se sont mises tellement à la merci du temps historique ne sont plus, au bout de quelques lustres, que des objets d'histoire. Sartre, Hegel, expressions et organes de leur époque, ont construit dans l'éphémère - cette époque elle-même. Le temps conteste toute chose. Tout perd de son importance. La réfutation même devient inutile

Marcel Conche - Philosopher à l'infini.
 
Merci Taedium vitae laconique
 
 

Bruckner, en passant...

«Dilemme  de l'individu : il voudrait n'être qu'au fondement de lui-même mais quête  avec angoisse l'approbation de ses proches. Il voudrait pouvoir dire comme l'ex-yippie Jerry Rubin : ''Je dois m'aimer assez pour n'avoir pas besoin des autres pour être heureux.'' Formule improbable et qui rappelle cette autre de l'économiste français Léon Walras : ''Être libre, c'est se sentir quitte de tous les autres.'' Le solipsisme ne fonctionne pas ou avec de multiples ratés. L'affirmation qu'on n'a besoin de personne va de pair avec le constat désolé que personne n'a besoin de nous, l'orgueil de l'autosuffisance avec l'angoisse d'être seul, l'aspiration à se distinguer avec l'imitation frénétique des autres. Tel est le tournent du misanthrope : pratiquer la séduction  par l'invective, mendier les suffrages des hommes tout en les méprisant, cacher son envie démesurée de compagnie sous les apparences de l'éloignement. Il se doit d'être dans le monde pour le vomir et si le monde lui tourne le dos, il lit dans cette froideur la justesse de son diagnostic et vaticine sur la méchanceté de la foule.»


Pascal Bruckner dans Le paradoxe amoureux.

Merci à Taedium vitae laconique de m'avoir instruit de ce texte superbe.

L'ambitieux

Savoir la précarité de toute gloire humaine n'éteint pas chez l'ambitieux la soif de primer : il veut sa place parmi ceux qui font éclater le crime du néant.
 
Jean Rostand
 
 

Gabriela Manzoni a encore frappé


mardi 7 novembre 2017

Amer constat

Car je vois que tous, tant que nous sommes, nous ne sommes rien de plus que des fantômes ou une ombre légère.

Sophocle

Trop peu de choses

Nous venons de trop peu de choses ; et allons vers - le Moins.
Après cela ? Eh bien, c'est simple ; ou bien c'est le Néant ou bien, c'est Dieu.
Mais on sera toujours des moins que rien.


Fabien Sanchez copyright 2017
 
 
 

Bill Evans - ses notes et mes mots

Avancé dans l'écriture de mon roman, doucement, tout doucement, en musique. Les muses aiment ces notes et me le rendent bien ; avancer tout doucement - scène de rencontre nocturne entre un jeune homme et une femme qui lui évoque Jeanne Moreau dans "Ascenseur pour l'échafaud" de Louis Malle. En douceur donc, avec tact....cette sensitivité fragile - l'esprit en alerte - le temps aboli.
 
 

Godard, en passant...


Image de fin d'après-midi (au lieu de l'écriture)


Un vieux texte pour Bradbury



QUAND
tu prononces le nom de Mars, Ray, c’est un peu
comme si tu me soufflais à l’oreille : « Allons-nous en d’ici. »
À ce type d’injonction, je suis toujours sensible.
Tu parles souvent de Mars. Je me demande quelle est la
nature de ce lien mystérieux qui te relie à elle. Pourquoi pas
Saturne, Jupiter, l’Atlantide ? D’où te vient ce vieux béguin
que tu poursuis, jusque dans le vieil âge, pour cette planète
rouge que tu peins toujours en bleu ?
Ray, aujourd’hui tu me chuchotes encore à l’oreille ce nom
étrange, tu évoques une fuite dans les montagnes bleues à la
recherche de cités martiennes perdues.
Je crois finalement savoir ce que tu entends par Mars. Je
suis d’accord. C’est toujours la même histoire. La nostalgie de
l’enfance, territoire des immortels. Les paradis n’existent que
pour être perdus ; j’ajoute que c’est sûrement à cause de ça que
nous mourons, en définitive.
Longeant le Salaison, sur la rive où je jouais autrefois, je me
promène aujourd’hui, encerclé par les colons du réel, dans les
yeux terriens desquels je ne perçois rien.
Ils envahissent le présent avec leurs maisons
comme des tombes grignotant la terre
de mes délires d’enfant.
En ce temps-là, je ne cédais pas un
pouce de terrain aux ennemis de mon imagination,
auxquels je pense avec tendresse, et que je salue.
Tous ces méchants contre lesquels je m’évertuais à protéger,
jusqu’à la dernière cartouche,
mes petites princesses de l’époque.
Mais désormais, les ennemis deviennent réels et je ne suis
plus invisible.
Je pense à toi, mon vieil ami.
Je pense à Mars qui n’est pas ce que tu en as dit, mais tu as
eu raison de mentir.
Tu es un tricheur et j’aime assez voir un joueur, qui n’a rien
en mains, faire monter les enchères.
Lorsque tu écris le nom de Mars, que je le lis dans les pages
de tes livres, l’eau de ma rivière se met à me parler, et avec elle
les oiseaux, les pierres des chemins, les arbres et les herbes, et
mon père qui a quitté cette terre, et tous les anciens copains
qui ont foulé ces anciens rivages à mes côtés. Tu fais chanter
les morts.
Au paradis, jamais je n’aurais croqué le fruit d’un arbre de
science. Je n’ai de goût que pour l’innocence.
Quand tu me parles de Mars, où que je me trouve, je vois la
rivière où jamais tu ne fus à mes côtés.
Car tu es d’un autre monde et d’une autre époque. Et sous
nos cieux différents, nous joignons nos songes, sous la même
vieille lune qui nous interroge.
Mars est cette vieille lune. Dans nos têtes fatiguées du bruit
des hommes, des cris sourds que lance la terre sous leurs pieds.
Aujourd’hui, il me suffit du poids de quelques souvenirs pour
couler par le fond sous la surface des choses.
Il suffit d’un vieux rien, dont l’espace est plein.
Mars ou une rivière. De vieilles lunes, Ray.
Le soleil décroît, les ombres s’allongent sur les pelouses, et
je vais rentrer chez moi.
Ray, il ne faut pas se rendre à l’évidence, elle traite trop mal
ses prisonniers.
On a toujours raison de mentir, comme si Dieu riait.


From "Ceux qui ne sont pas en mer" - F.Sanchez - Editions La Dragonne - 2009

La gratitude selon Wiesel...

Nul n’est autant capable de gratitude que celui qui a émergé du royaume des ténèbres…Quand une personne est dénuée de gratitude, il y a une lacune dans son humanité. On pourrait presque définir quelqu’un par son attitude envers la gratitude.
 
Elie WIESEL
 
 

Sagesse et Folie



Qui vit sans folie n'est pas si sage qu'il croit.
   
La Rochefoucauld

dimanche 5 novembre 2017

Une éducation esthétique / Frédéric Schiffter, en passant....

Fini la lecture de cet essai remarquable signé Frédéric Schiffter ; de loin mon philosophe préféré. A lire absolument (si vous n'êtes pas un philistin) - plutôt fait pour les caractères dilettantes et les paresseux compulsifs. Ames sensible ne pas s'abstenir..............
 
 

Lester is helping me...

En tant qu'écrivain, je dois dire que la musique entre en bonne part dans mes inspirations , les notes sont mes muses, et présentement Lester m'a inspiré une page - de lui j'obtiens quelque chose qui s'apparente à de la rédemption - sans laquelle il n'est nul besoin d'écrire. L'on peut toujours dépérir - le monde s'en fiche - mais pas Dieu - qui ne veut pas que vous butiez - que votre page demeure blanche - et Lester aussi savait partir en songes - Ils s'évaporent au milieu des miens - L'écriture et la Musique - ces parenthèses pour lesquelles je donne tout - contre un monde d'ennui et d'effroi.
 
 

Pier Paolo, en passant...

Si le soleil revient, si le soir descend
si la nuit a un goût de nuits à venir,
si un après-midi pluvieux semble revenir
d’époques trop aimées et jamais entièrement obtenues,
je ne suis plus heureux, ni d’en jouir ni d’en souffrir ;
je ne sens plus, devant moi, la vie entière…
Pour être poètes, il faut avoir beaucoup de temps ;
des heures et des heures de solitude sont la seule
façon pour que quelque chose se forme, force,
abandon, vice, liberté, pour donner un style au chaos.
Moi je n’ai plus guère de temps : à cause de la mort
qui approche, au crépuscule de la jeunesse.
Mais à cause aussi de notre monde humain,
qui vole le pain aux pauvres et la paix aux poètes.

 
Pier Paolo Pasolini
Merci à Stéphane Chabrières qui m'a fait découvrir ce poème via son excellent blog :

Propos inspirés par Bird and Miles

A l'écoute de ces deux là...Bird and Miles (en duo) ...bonnes vibrations... concrétion de la beauté de l'inutile : l'Art....Merci à lui, une fois encore - il sauve tout ce qui reste - la conscience et l'inconscient - sa marque sur moi - depuis la jeunesse - le seul mot que je voudrais tatouer sur mon épaule - pour que Hélas, il ne se referme pas sur rien - ceci quand on est déprimé -; et s'ouvre - ceci quand on se sent vivre - sur ce qui nous reste de solennité.
 
 

Michel Serres, en passant...

Du coup, qu'est-ce que la philosophie ? L'irrépressible témoignage du malheur universel devant un savoir absolu qui, sans cette instruction - aux multiples sens de l'origine, de la pédagogie et du droit -, équivaudrait à une ignorance irresponsable, dont la naïveté reconstruirait un nouveau monde sans pardon.

Michel Serres dans Eclaircissements.
Entretiens avec Bruno Latour.
 
Merci à un Judas sur le Monde qui est un blog d'une grande qualité :
 
 
 

Black

 
L'humeur du moment de l'un des personnages d'un des plus grands films de tous les temps, j'ai nommé "La maman et la putain" du regretté et génial Jean Eustache.

Feelin' good

Depuis que je suis rentré à Paris – après un an d’exil à côté de Montpellier – il m’apparait très nettement que je revis. J’ai repris gout à la grande ville, ses cafés, au fait de lire et d’écrire. C’est tout bonnement formidable. Et puis j’ai retrouvé S., la femme de ma vie. Je n’avais pas été aussi heureux depuis bien longtemps.
 
 

Waiting for the Muse

Procrastiner, vapoter au lit - écouter Joy Division - le roman que tu écris attend - ou bien est-ce moi qui l'attend - lui et moi attendons - la voix de Ian Curtis - tu soulignes une phrase - dans un livre - Tu la reproduis ici - elle est du philosophe Frédéric Schiffter - extraite de son livre : " La beauté" :
Je pris conscience que le Bien n'avait pas le beau pour traduction esthétique, et même, pour pasticher Nietzsche, que, grâce à l'art, on évitait de périr de l'ennui de la morale.
 
 

samedi 4 novembre 2017

Le monde du travail par Harry Jomère, en passant...

Le monde du Travail, sommet de la médiocrité humaine, l'on y trouve les minables lumineux qui nous aveuglent, eux qui se prennent pour de grands soleils. Lire du Pascal, écouter du Bach, voir des tableaux du Greco et le lendemain, se glacer les mains, le front, les oreilles et l'intérieur du crâne auprès de ces soleils mourants, quelle condamnation !
 
Harry Jomère copyright 2017
 
 

Roland Jaccard et moi : nos vues respectives sur Lou Andréas-Salomé


Roland Jaccard conclue un article qu’il écrivit dans son formidable blog au sujet de Lou Andréas-Salomé en ces termes :

Nous avions rêvé Lou en adolescente rebelle, en séductrice perverse, en névropathe mystique, en psychanalyste suicidaire et nous sommes consternés de la retrouver en vieille dame apaisée « envisageant comme un cadeau du grand âge le regard distancé qu’il procure ».  Au temps de l’ivresse intellectuelle et érotique a succédé celui de la tisane. Y a-t-il pire offense du destin ? Oui, le mieux, après tout, est la mort.

Je ne suis pas d’accord avec cette conclusion funeste et funéraire - en dépit de toute l’amitié que je porte au professeur Jaccard  : J’ai choisi moi aussi la tisane et n’y voit nulle offense du destin, juste ce constat : la vie fatigue, et à quarante-cinq ans, j’apprécie mon regard distancé, loin de ma jeunesse dionysiaque où la débauche et l’appétit de vivre s’unissaient pour faire de moi non un jeune homme qui se croyait libre, rattaché au paganisme érigé comme un modèle d’art, quand je n’étais qu’un esclave de mes sens et de mes pulsions de vie, un damné en somme, boitillant dans les parages de l’enfer, sans que mon cœur ne fût vertueux. Je n’ai plus qu’un axiome aujourd’hui : me reposer. Vraiment. Et vive la tisane.
 

Grosse fatigue

Les nouvelles du monde ne parlent que de sa perte et de la souffrance des hommes. C'est pourquoi j'ai décidé de ne plus lire les journaux. Je ne serai plus informé désormais. Seuls les journaux intimes m'intéressent (Calaferte, Gide, Benjamin Constant, Stendhal, Léautaud...).
Car voyez-vous, je suis fatigué, de tous ces effrois baptisés de noms sanglants. Même si comme l'écrivait Elias Canetti : De toutes les possibilités dont l'homme dispose pour se résumer, la moins mensongère est le drame.
Je ne veux plus être aux premières loges d'un Monde qui part à la dérive, ni que devant ce spectacle mon cœur s'effrite. Les jugements que l'on porte sur les choses ne doivent pas intéresser l'écrivain; lui-seul sait combien est grande la solitude quand on se refuse à la marche du Monde, mais au moins avance-t-il dans la quête de soi, et c'est à force d'écrire que l'on arrive à croire. En quoi me direz-vous. je ne sais pas. En soi, en Dieu, en la Beauté. Si les gens d'action ne sont pour Gide que des sots, soyons passifs, pratiquons une contemplation désuète, faisons la diète devant le Monde et ses nourritures diaboliques, il faut jeûner de ses banquets. Se reposer, faire la sieste, écrire et lire, et aimer, tentés que nous seront de pleurer sur notre consolation.



Fabien Sanchez copyright 2017

J'avance dans mon roman

J'avance à petits pas sur la crête du temps - mes mots se confondent avec lui - et l'annule ; le roman prend corps et vie ; il palpite sous le regard d'un archange - je le sais - je ne l'ai jamais vu, mais je connais sa voix : c'est le silence dans la fragmentation d'une part divine.
 



Fabien Sanchez - 2017

Descansar i sonar

Un break dans l'écriture de mon roman ; et ceci pour s'évader un peu dans les volutes de ma vapoteuse.

Artaud en passant...

Regarder  n'est pas une affaire de réflexion mais d'effraction.


Antonin Artaud. Van Gogh, le suicidé de la société, 1947

Work in progress

Ce matin, lecture de Serge Koster - Montaigne, sans rendez-vous - ; puis ouverture de l'ordinateur, du document qui contient mon roman ; légère hésitation, un café à la main et la vapoteuse dans l'autre, puis écriture de deux pages. A la relecture, ça fonctionne. J'ai encore cédé à l'amer plaisir de me fissurer.
 

Ceci sous la plume de Pascal Quignard...

Lire c’est opérer un écart avec le monde, “lire espace la pensée”. De même, l’écriture est une mise à l’écart, et l’écrivain, un anachorète qui, à mille lieues de tout enrôlement social, n’a qu’un credo: “vivre dans l’angle mort du social et du temps. Dans l’angle mort du monde”.


Pascal Quignard

Pizarnik, en passant...

Chiennerie de mots. Comment mes cris pourront-ils déterminer une syntaxe ? Tout s'articule dans le corps quand le corps dit la force inadjectivable des désirs primitifs.

Alejandra Pizarnik

Voix limbique

(...) et crée ta voix limbique, ta voix sous-jacente, ta voix, la tienne.
 

Lawrence Ferlinghetti (Poésie art de l'insurrection)

vendredi 3 novembre 2017

Writing happy

J'ai écrit toute la trame de mon roman en écoutant ces deux-là, mes mots sur leur notes - sensation de plénitude - pas très loin du divin.
 
Fabien Sanchez
 
 

Renaud Lebarbier, en passant...

Je marche dans les ombres et cherche les traces écornées des chimères. Autant le dire autrement, je ne sais pas où je vais. Je cherche. Je cherche en marchant, d'un pas lourd. De ce pas que fait l'enfant. En équilibre instable, toujours entre la chute et l'extase. Chercher c'est se rendre quelque part, il me semble, vers une destination. Ce n'est plus, il faut le croire, rester sur place à réfléchir sur les destins possibles. Chercher c'est se déplacer sur un abîme entre chut...e et extase. Je crois en cette théorie qui fait que l'action précède la pensée. Je crois que se mettre en mouvement permet de déplier son esprit.
Déplier son âme, la repasser pour qu'elle s'ajuste au déplacement large du corps.
Bref. Il est temps de se défaire de la pensée de la pensée. La pensée de la pensée n'est qu'une production creuse dont l'objet est l'inaction. Agir son désir comme un objet que l'on lance quelque part. Ce qui est amusant c'est d'essayer de devenir cet objet, ou plutôt la trajectoire qu'il a prise. Penser la trajectoire du désir, être la trajectoire du désir. Toutes ces questions sont comme de vielles botes emplies de ciment. On coule doucement en s'extasiant des notes géniales d'un musicien fou.
 
Renaud Lebarbier copyright 2017
 
 

Les mots et le désert

Ca ressemble au désert de l'écriture...