jeudi 15 mars 2018

Pensées écloses à l'aurore, ouvertes la nuit.

 
 
Vers le peu. Aucune voile dehors. Tranquillement dériver sur les vagues. Sans avis de tempête. Juste une petite croisière. Mon corps éprouvé, je vais y aller tout doux aujourd'hui. Mon âme a trop souffert de ce qu'hier, mon corps a ait fait des siennes. Une peur s'était alors emparé de mon être. Il faut, pour aller mieux, se consacrer à la notion d'impermanence. Tout, en effet, passe. S'accrocher à cette notion de peu, de rien, devant le tout passé. Il faut se remettre d'hier et s'en remettre à aujourd'hui. Savoir le faire, sans craindre pour l'avenir; lui aussi passera ; lui aussi est impermanence ; lui aussi veut être guéri. Le corps est ce temple pour lequel tu pris, dans lequel tu mourras ; je vais le laisser se rendre au bar Le Havane. Il sera temps un jour de le quitter, ce poids vivant, qui pèse sur les fluctuations de l'âme, et dont il faut alléger la contenance et la véhémente revendication à être. Guérir l'instant présent ou se guérir de lui ? Cela revient au même : puisqu'il s'agit de miser sur la confiance, qui est toujours la première et la plus prompte à vaciller, à mollir et s'affaiblir, comme la foi dont tu te réclames, laquelle elle aussi, à l'instar du corps , souffre de son incarnation, Sans aucune représentation possible autre qu'une croix et le désir d'en guérir, mais celle-ci n'est pas rattachée à la notion d'impermanence ; c'est tout le contraire. Rien ne fait peur en se perdant dans sa contemplation, pas plus le jour à venir que la nuit des temps.
 
 
Texte Fabie Sanchez .
 
Illustration Yan Kouton.
 
 
 

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