lundi 12 mars 2018

Poème inspiré par une toile de Clyfford Still.


Homme oisif,

avec peu de distraction,

je suis ce matin en proie

à un ennui glacial, polaire,

un ennui de banquise,

au point du sentiment de dépérir

en terrasse du café où j’ai mes habitudes

parmi la horde des philistins.

 

Mieux que connaître la vie, je préfèrerais l’aimer.

Je voudrais embrasser

un autre pôle de l’expérience humaine.

La Chine par exemple,

Puisque c’est à celle-ci que je rattache ce pôle.

Ainsi, ce qu’il manque à ma vie serait

de partir pour la Chine.

Il me faut me porter ailleurs.

Il sera toujours temps de revenir vers moi.

 
Mais ce matin, avec le café,

les cigarettes sont sublimes

et, les fumant, je me dis ceci :

Je voudrais faire de ma vie une œuvre d’art.

Sans donner l’idée du vrai avec du faux

comme le préconisait Edgar Degas.

 
Il est vrai que je ne sais plus penser

clairement dans l’ordre humain.

Je balbutie et titube.

On dirait que je suis ivre.

De l’ivresse de l’oiseau

qui chante, blessé, sans plus quitter

son arbre.

Que lui vaut le ciel, alors ?

Et que me vaut la pensée de Dieu ?



 
 
 

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