mardi 13 mars 2018

Texte de ce jour.




Heures envenimées par le sentiment de l'ennui. Les actions, grandes ou petites me semblent toujours aussi pénibles que des devoirs d'écolier ; or l'école est finie. Procrastiner. Repousser les efforts du jour dans une nuit prolongée. En finir avec la marche forcée, pour enfin, n'aimer que le chancellement du soir, la mise au repos de tous les effondrements intérieurs ; quand ils devienent moindre mal, petite maladie, à peine une douleur, juste une croûte séchée sur la peau du jour, après que l’ennui a fait saigner ce cœur devant des heures exsangues. Alors il reste le désir d'une prière impossible sous le ciel de tous les possibles; il reste un tableau de Lee Krasner dans lequel perdre son regard, et, pour ce jour, au bout d'une rue désolée, un bar de nulle-part où étancher sa fatigue et une sensibilité excessive qui cherche dans le panier d’un esprit vif-argent, les mots utiles pour passer un temps sur terre qui ne soit pas rendu au silence, au dérisoire et au futile, mais qui veulent dire avec gravité qu'il n'y a que dans le flou et l’abstraction que cette vie retrouve son chemin, duquel parfois elle est sortie pour en emprunter d’autres, dont elle ne garde nul souvenir et qui, déjà, ne lui appartiennent plus - autrement que sous une forme cachée et suprasensible.
 
 Fabien Sanchez - Tous droits réservés - 2018



 
 
Photographie de Lee Krasner.

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