samedi 17 mars 2018

Un train est passé - Avant goût.


Réécrire sans cesse son manuscrit, comme un chien qui rongeait son os, était-ce bien raisonnable, pour un sybarite  et un élève de l’ennui ? Eh bien oui, car il ne m’apparaissait pas que j’eusse le choix. Tout cela n’était pas sérieux, était vain et futile, et pourtant, cela m’était indispensable. Les dix premières pages de mon roman étaient ce à quoi je tenais le plus au monde. Oh la tâche ingrate, et pourtant si pleinement vivante, d’avoir le sentiment de mourir un peu, en peinant à la tâche. Cela m’absolvait de mener une vie inutile et futile.
Mais toutes les vies ne l’étaient-elles pas ? Je n’en étais pas convaincu. Léon Daudet soutenait que « la littérature donne le souffle à celui qui a des ailes ».
Voilà ce qui me manquait, des ailes. Je n’avais que le souffle.
 
 
(Extrait du roman "Un train est passé" à paraître fin Avril à La Dragonne).
 
 
 

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