mardi 8 mai 2018

Philip Roth, en passant...

 
Sans la peinture, passer le temps devenait un supplice. Le matin, il faisait une heure de marche, et en fin d'après-midi vingt minutes d'altères, suivies d'une demi-heure de piscine, quelques longueurs sans forcer, régime recommandé par son cardiologue, et voilà, c'étaient les seuls évènements de sa journée.
Combien de temps peut-on passer à fixer l'océan, quand bien même on aime cet océan depuis qu'on est tout petit ? Combien de temps pouvait-il contempler le flux et le reflux sans se rappeler, comme n'importe qui dans une rêverie littorale, que la vie lui avait été donnée, à lui comme aux autres, par hasard, fortuitement, et une seule fois, sans raison connue ni connaissable ?
 
 
 
 
 

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