vendredi 1 juin 2018

Un train est passé

Extrait de mon dernier roman sorti cette semaine,
Un Train est passé,
aux éditions La Dragonne.
 
*
 
Ne retiens-pas la vie....
Elle prononça cette phrase, en accompagnant de ses bras, ma chute dans son lit. Comme au ralenti. Je perdis le contrôle des évènements ; avec le plaisir, seul, comme ligne de mire. Le sentiment amoureux, qui n’était pas l’amour, m’enflammait. Pour la première fois, je compris ce que posséder une femme signifiait. Cette femme était le corps de ma foi.
Elle m’avait offert le meilleur d’elle-même, sa capacité restreinte, chétive, à aimer. Sa douceur, loin d’être usée, m’avait transporté, si loin de moi-même, contre sa nudité, sur laquelle je ne m’étais point heurté, au contraire ; sur laquelle j’avais glissé, transporté par les mots d’une grande douceur qu’elle avait chuchotée à mon oreille. Tout n’avait été qu’un lent glissement, hors de la pesanteur de l’existence. J’avais été envahi par un souffle passionné. Une ombre m’avait emporté entre ses bras. L’exercice de la vie avait été abolie, et mon âme comme absoute ; portée par un sentiment d’adoration que je n’avais jamais éprouvé jusqu’ici, et dont je regrettais déjà l’absence, l’évanouissement, après son ultime expiration. Comme si je m’étais associé au silence de la nuit pour recueillir, au plus précieux de moi-même, une musique qui me soulageait de la maladie du Temps.
 
 

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